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RE-ATHLETISATION : Q, R, S et T

Quadrupédie, ratio, sus-épineux et TRX : retrouvez toutes les définitions !

Q : Quadrupédie

Position à quatre pattes, permettant une meilleure congruence de l’articulation glénohumérale. Ce travail en CCF entraine une co- contraction des muscles agonistes/ antagonistes et une réduction des contraintes de cisaillements au niveau articulaire.

R : Ratio

Rapport entre deux données exprimées en chiffre ou en pourcentage permettant d’objectiver un éventuel déséquilibre. Il est utilisé pour analyser le rapport de force musculaire entre agoniste et antagoniste et/ou controlatéral.

S : Sus -épineux (ou supra supinatus)

Muscle de la coiffe des rotateurs, stabilisateur de la tête humérale. Il est rotateur externe de l’épaule et auxilliaire du deltoide pour l’abduction du bras.

T : TRX (Training Under Suspension)

Sangle permettant d’effectuer des exercices d’entrainement en suspension. Outil de renforcement musclaire fonctionnel pouvant être utilisé pour les membres supérieurs, membres inférieurs et le tronc.

RE-TURN TO PLAY #13

Prise en charge d’un rugbyman professionnel post LCA

Depuis la professionnalisation du rugby en 1995, le taux de blessures n’a cessé d’augmenter (Fuller, 2013). Le rugby est un sport avec des impacts violents entraînant des blessures souvent grave débouchant sur une longue période de récupération et de rééducation (> 10 semaines) (Williams, 2013). Les blessures au genou représentent le plus grand nombre de jours d’absence chez les rugbymen professionnels. Les lésions du LCA représentent 29% des jours manqués dû aux blessures au genou, soit en moyenne 271 jours d’absence par rupture du LCA (Dallalana, 2007). Montgomery (2018) a montré un taux de lésions de LCA de 0.43 pour 1000 heures de pratique en condition de match. 56% des blessures du LCA interviennent soit lors d’un plaquage, soit lors d’une course offensive. Plus de la moitié des lésions du LCA interviennent sur un contact. Pour les lésions sans contact, la plupart surviennent lors d’un appui latéral de la part du porteur de balle et principalement lors d’une attaque talon du pied au sol (Montgomery, 2018).

Le cas pratique étudié est un jeune rugbyman de 23 ans évoluant en Pro D2, ayant subi une rerupture du LCA lors d’un match de Top 14. En effet, le joueur avait déjà eu une intervention en 2014 sur le même genou. Suite à la passation de deux K-STARTS révèlant des déficits importants, le joueur a intégré un protocole de réathlétisation spécifique du genou au sein de notre structure Reathletic. La prise en charge s’est effectuée sur 3 semaines consécutives à raison d’une séance quotidienne d’1H30 encadrée par un préparateur physique spécialisé et de 30min de protocoles de récupération avec Game ready et pressothérapie.

La présence d’une inhibition quadricipitale douloureuse mise en évidence lors de l’évaluation isocinétique a orienté le protocole sur une prise en charge associée entre LCA et syndrome douloureux rotulien (SDR). La plus grande difficulté dans ce protocole a été de « casser » la boucle nociceptive afin de permettre au quadriceps d’agir sur toute l’amplitude du mouvement. Le protocole a suivi deux axes de renforcement : la force maximale et l’endurance de force.

La force maximale excentrique a été l’axe de travail principal des premières séances afin d’augmenter la capacité du muscle à absorber les contraintes rotuliennes. Pour cela, nous avons mis en place deux types d’exercices en chaîne cinétique fermée : le premier consistait à augmenter la force maximale sur les 40 premiers degrés de flexion, et le deuxième, d’avoir un travail excentrique infra douloureux sur une amplitude musculaire de 110° de flexion. En parallèle, la séance comportait un travail d’endurance de force au travers d’exercices d’appuis sur des angles de flexion faibles permettant à la fois de développer la coordination motrice mais également de redonner l’habitude au muscle de travailler sans douleur.

Une deuxième phase avec l’introduction du travail en chaîne cinétique ouverte, tout d’abord en statique puis en dynamique les 40° derniers d’extension a permis de retrouver une certaine fonctionnalité du genou.

La troisième a été axée sur un transfert du travail de force sur des exercices d’agilité spécifique rugby.

A l’issu du protocole, le joueur a pu réintégrer progressivement le travail avec son équipe afin de continuer sur une préparation physique spécifique rugby avec les préparateurs physique de son club. Après un mois et demi de travail dans son club et 11 mois après son opération, le joueur a repris la compétition lors d’une rencontre de Pro D2.

 

Bibliographie

Williams S, Trewartha G, Kemp S, & Stokes, K (2013). A meta-analysis of injuries in senior men’s professional Rugby union. Sports Medicine, 43 (10), 1043–1055.

Fuller CW, Sheerin K, Targett S. Rugby World Cup 2011: International Rugby Board injury surveillance study. Br J Sports Med 2013; 47: 1184–91.

Dallalana RJ, Brooks JH, Kemp SP, et al. The epidemiology of knee injuries in English professional rugby union. Am J Sports Med 2007; 35: 818–30.

Montgomery C, Blackburn J, Withers D, Tierney G, Moran C, Simms C. Mechanisms of ACL injury in professional rugby union: a systematic video analysis of 36 cases. Br J Sports Med. 2018; 52(15):994-1001.

RE-COMMANDATION #12

Quel est l’intérêt de la Flexi-barre® en réathlétisation de l’épaule ?

La Flexi-barre® ou barre d’oscillations est une tige en fibre de verre ou de carbone longue de 1.50 m, munie d’un grip en son milieu et lestée d’un poids à chaque extrémité. Sa mise en mouvement par l’athlète, au travers de mouvements de flexion et extension du coude, génère des vibrations qui permettent l’activation et la contraction des muscles profonds.

Son utilisation en réathlétisation permet d’améliorer le contrôle neuromusculaire de l’épaule, au travers de :

– la proprioception, par la création d’instabilités dues aux vibrations sur une durée d’environ 30 secondes.

– le renforcement, par l’activation des muscles stabilisateurs de l’épaule, notamment les muscles scapulo-thoraciques (trapèze inférieur, rhomboïdes, dentelé antérieur) lors d’un positionnement du bras en abduction à 90° avec une légère flexion du coude.

La liberté de mouvement de la flexi-barre combinée à celle de l’épaule permet de diversifier les exercices de gainage et de travailler l’épaule dans les 3 plans de l’espace. Elle présente un réel intérêt pour stimuler la proprioception, la force et la coordination intra et inter-musculaire de l’épaule.

Au niveau de la planification, de ce type de travail interviendra dans un second temps. En effet, un travail en chaîne cinétique fermée est préconisé en début de protocole afin de limiter l’instabilité pour mieux la contrôler.

Ce type de travail peut également être associé à la Shoulder sphère qui permet de renforcer les muscles de la coiffe des rotateurs tout en y associant la stabilité d’épaule lors de mouvements fonctionnels sportifs.

RE-TURN TO PLAY #12

 

Prise en charge d’un jeune sportif amateur après rupture du LCA avec complications post opératoire.

Le risque de rupture du LCA est importante chez le jeune sportif avec possibilité de lésion  itérative s’il a moins de 20 ans et pratique des sports de pivots et/ou contacts (Morgan, 2016 ; Webster, 2016). L’objectif de la chirurgie va être de stabiliser son genou pour permettre une reprise progressive de l’activité physique suivie d’une phase de réathlétisation obligatoire pour envisager une reprise sportive. Les complications suite à une chirurgie existent. Les complications potentielles à long terme liées à une lésion du LCA peuvent être une instabilité chronique du genou, des lésions méniscales et du cartilage, le développement de l’arthrose. Environ 50% des patients pourront développer une arthrose associée à de la douleur et une déficience fonctionnelle dans les 10 à 20 ans après la blessure d’origine indépendamment de la chirurgie ou d’un traitement conservateur (Zebis, 2009). En outre, après reconstruction du LCA, moins plus de 50% des patients retourneront au sport dans l’année, moins de 65% dans les 2 ans, 24% changeront de sport et 11% cesseront leurs activités sportives (Gobbi, 2006 ; Hewett, 2013). Les lésions du LCA sont devenues un problème de santé publique, en particulier avec le nombre de jeunes individus impliqués dans le sport, l’incidence croissante des lésions chez les très jeunes patients, et les conséquences à long terme de la blessure. Cela conduit à l’intérêt d’identifier des facteurs de risque de blessures et les stratégies de prévention qui conduiraient à une réduction de son incidence (Acevedo, 2014).

Le cas pratique étudié est celui d’un jeune homme de 18 ans ayant eu une intervention pour rupture du LCA qui a été suivi de complications. Une deuxième intervention a été nécessaire suite à une infection consistant à un « nettoyage articulaire ». En raison d’une raideur, il a été réalisé une mobilisation sous anesthésie générale permettant de récupérer les amplitudes articulaires. Un an après la première intervention, Clément présentait un déconditionnement physique global et une faiblesse musculaire avec douleurs associées.

La prise en charge de Clément s’est effectuée sur deux blocs de 12 séances de réathlétisation. Le premier bloc a permis un reconditionnement physique global, une récupération partielle de son niveau de force musculaire et de la fonctionnalité de son membre inférieur. A l’issu de ce premier bloc, Clément ne présentait pratiquement plus aucune douleur au quotidien et a même pu repratiquer le snowboard sur une demi-journée. Une coupure de 3 semaines a été effectuée avant le deuxième bloc permettant la surcompensation du travail effectué lors du premier bloc.

Dans ce second bloc, un travail de force maximale, d’endurance de force et d’explosivité ont permis d’ancrer les gains et de permettre à Clément de pratiquer à nouveau des activités physiques et sportives.

Dans ce type de prise en charge, l’important est de montrer le chemin à parcourir à l’athlète (planification claire et expliquée) et de toujours travailler en fonction de ses sensations et du niveau de douleur. Si le protocole nécessite un nombre important de séances (supérieur à 15), il est obligatoire de le scinder en deux parties permettant une phase de surcompensation.  Sans cette surcompensation, les efforts demandés seront trop conséquents et impacteront la qualité du travail et éventuellement le niveau de douleurs. A terme, les résultats seront plus longs à se faire ressentir.

 

Bibliographie

Morgan MD, Salmon LJ, Waller A, Roe JP, Pinczewski LA. Fifteen-Year Survival of Endoscopic Anterior Cruciate Ligament Reconstruction in Patients Aged 18 Years and Younger. Am J Sports Med. 2016 Feb; 44(2):384-92.

Webster KE, Feller JA. Exploring the High Reinjury Rate in Younger Patients Undergoing Anterior Cruciate Ligament Reconstruction. Am J Sports Med. 2016 Nov; 44(11):2827-2832.

Zebis MK, Andersen LL, Bencke J, et al. Identification of athletes at future risk of anterior cruciate ligament ruptures by neuromuscular screening. Am J Sports Med. 2009; 37:1967Y73.

Gobbi A, Francisco R. Factors affecting return to sports after anterior cruciate ligament reconstruction with patellar tendon and hamstring graft: a prospective clinical investigation. Knee Surg Sports Traumatol Arthrosc. 2006; 14:1021Y8.

Hewett TE, Di Stasi SL, Myer GD. Current concepts for injury prevention in athletes after anterior cruciate ligament reconstruction. Am. J. Sports Med. 2013; 41:216Y24.

Acevedo RJ1, Rivera-Vega A, Miranda G, Micheo W. Anterior cruciate ligament injury: identification of risk factors and prevention strategies. Curr Sports Med Rep. 2014 May-Jun; 13(3):186-91.

 

RE-TURN TO PLAY #11

Cas évoqué : prise en charge d’une épaule après opération d’une butée antérieure chez un jeune rugbyman de haut niveau

Les traumatismes liés au sport concernent principalement le membre inférieur (53,4%[1]) mais touchent également le membre supérieur, dans plus de 23%1 des cas. Parmi ce chiffre, 86%1 touchent l’épaule ! Ces blessures peuvent entraîner des problèmes d’instabilité de l’épaule et sont deux fois plus fréquents chez les sportifs que dans la population générale[2]. La prise de décision d’une chirurgie est généralement influencée  par l’âge et le niveau de sollicitation du patient (en principe jeune et sportif).

Pour réduire ces instabilités, deux interventions chirurgicales sont couramment utilisées : Latarjet, avec des taux de retour au sport de l’ordre de 67 à 71,4% chez des joueurs de rugby et de football[3] ; et Bankart, avec un retour au sport à 82,6% mais cette fois-ci chez des sportifs de niveaux et disciplines hétérogènes[4]. La question du retour au sport est une question qui revient régulièrement. Des chercheurs ont estimé qu’il était très variable[5], allant de 1,5 mois pour des pratiquants de fitness à 12 mois post-opératoire pour les sports les plus à risque, avec cependant une majorité de reprise autour du 6ème mois post-opératoire[6].

Le cas pratique étudié aujourd’hui concerne la réathlétisation d’un jeune joueur de rugby évoluant en centre de formation d’un club de rugby du Top 14 ayant subi une opération d’une butée antérieure après plusieurs épisodes de luxations antérieures. Suite à sa visite du 3ème mois post opératoire avec son chirurgien, un test d’aptitude à la réathlétisation (TAR) a été demandé pour compléter les bilans clinique et radiographique.

L’objectif du test est de valider ou non une entrée en phase de réathlétisation, en vérifiant que les amplitudes articulaires ont toutes été récupérées et que la stabilité du complexe de l’épaule est bonne. Le bilan effectué permet également d’observer les éventuels déséquilibres (lordose cervicale, enroulement des épaules, cyphose thoracique, …) et de proposer des éléments de travail pour les corriger avant d’entreprendre un travail de renforcement plus spécifique de l’épaule.

 

Suite à la passation de ce test, l’entrée en phase de réathlétisation ayant été validée, les objectifs définis ont été les suivants :

– remédier à un léger enroulement des épaules sur l’avant et une attitude cyphotique

– améliorer le contrôle neuromusculaire de l’épaule

– améliorer l’endurance et la force des articulations gléno-huméral et scapulo-thoracique

Six séances de réathlétisation ont été préconisées pour réaliser ces objectifs. Le protocole s’est déroulé en 3 phases :

Tout d’abord, les deux premières séances ont été essentiellement basées sur un travail de correction posturale et de proprioception. Les muscles stabilisateurs et fixateurs des ceintures scapulaires et pelviennes et les érecteurs du rachis.

Ensuite, les séances 2 à 4 ont été axées sur un travail de force et d’endurance de force des muscles de la coiffe des rotateurs et des muscles scapulo-thoracique. Travail sur des tempos lents, toujours en priorisant le contrôle de la gestuelle pour s’assurer d’acquérir une exécution technique idéale avant d’entamer un travail plus rapide.

Pour finir, les séances 4 à 6 ont mis l’accent  sur un travail de force vitesse, plus dynamique, pour recouvrer de la vitesse, du rythme en sollicitant les fibres rapides avec l’utilisation d’exercices tels que le tapping scapulaire ou encore l’échelle de rythme.

En fin de protocole, le jeune sportif était capable de réaliser des mouvements fonctionnels et de musculation sans aucune douleur, gène, ni appréhension. A l’issu du protocole, un test fonctionnel de retour au sport a été effectué, permettant de valider une reprise terrain progressive et spécifique.

[1] Rechik, V., Lindsay, M., Nowak, A. Sport et santé : les blessures chez les sportifs. Université de Genève, Suisse. 2007.
[2] Wang, R. Y., & Arciero, R. A. (2008). Treating the athlete with anterior shoulder instability. Clinics in sports medicine, 27(4), 631-648.
[3] Cerciello, S., Edwards, T. B., & Walch, G. (2012). Chronic anterior glenohumeral instability in soccer players: results for a series of 28 shoulders treated with the Latarjet procedure. Journal of Orthopaedics and Traumatology, 13(4), 197-202
[4] Gerometta, A., Rosso, C., Klouche, S., & Hardy, P. (2016). Arthroscopic Bankart shoulder stabilization in athletes: return to sports and functional outcomes. Knee Surgery, Sports Traumatology, Arthroscopy, 24(6), 1877-1883.
[5] Dumont, G. D., Fogerty, S., Rosso, C., & Lafosse, L. (2014). The arthroscopic Latarjet procedure for anterior shoulder instability: 5-year minimum follow-up. The American journal of sports medicine, 42(11), 2560-2566
[6] Ciccotti, M. C., Syed, U., Hoffman, R., Abboud, J. A., Ciccotti, M. G., & Freedman, K. B. (2017). Return to Play Criteria Following Surgical Stabilization for Traumatic Anterior Shoulder Instability: A Systematic Review. Arthroscopy: The Journal of Arthroscopic & Related Surgery

RÉ-ATHLETISATION #11

ABÉCÉDAIRE : QUI EST QUOI ?

Inhibition : se définit comme le frein ou la suppression d’une action. Il peut être constaté visuellement et défini lors du test isocinétique et se caractérise par un « accident » de courbe lors de contraction musculaire. Il s’agit d’un mécanisme de protection de l’intégrité de l’articulation du genou lors de la contraction musculaire. Elle apparait entre 30 et 60° degré de flexion et traduit une souffrance mécanique fonctionnelle au niveau rotulien.

Jobe Test : Test musculaire de la coiffe des rotateurs de l’épaule qui évalue le supra-épineux. Le test sera considéré comme positif si le patient ressent une douleur ou si l’on constate une faiblesse de force comparativement au côté controlatéral.

K-STARTS : Test fonctionnel du membre inférieur qui permet d’obtenir un score sur 100 points  évaluant le niveau de récupération fonctionnelle des deux membres comparés entre eux (Blakeney WG, Sports Health,  2018). Il s’accompagne d’une recommandation quant au travail à réaliser pour améliorer ses capacités fonctionnelles.

Lombo-pelvienne stability : Peters (2013) a mis en évidence l’intérêt  des exercices de  stabilisation dans l’amélioration de la stabilité lombo-pelvienne. Cela a pour effet de réduire les charges sur l’articulation femoro-patellaire.

RE-VISION #10

  1. La balance agoniste/antagoniste est-elle aussi importante que la balance jambe saine/ jambe lésée ?

Réponse : Oui. Il a été montré une augmentation du risque de blessure dans le cas d’un ratio agoniste/antagoniste déséquilibré ainsi que lors d’un déséquilibre controlatéral (Croisier, 2008).

 

  1. Pourquoi réaliser des tests fonctionnels à 6 mois post opératoire ?

Réponse : La réalisation de différents tests fonctionnels permet d’évaluer le niveau de récupération fonctionnel des patients opérés. Il a été montré que des mauvais résultats fonctionnels à 6 mois post opératoires impactaient de manière significative le taux de retour au sport (Nawasreh, 2017).

 

  1. Existe-il un temps minimum universel pour le retourner au sport après ligamentoplastie du LCA ?

Réponse : Non. Le niveau de ligamentisation du LCA (Pauzenberger, 2013) semble être suffisant à 6 mois post opératoire pour envisager une reprise progressive des activités de pivots/contacts. L’introduction des contacts se fera au 7ème mois post opératoire et la reprise de la compétition est envisageable à partir du 9ème mois post op. Une prise en charge optimale devra comporter une phase de réathlétisation pour rester dans ces délais. Toutefois, ne s’appuyer que sur délais temporels ne semble pas opportun. Il est nécessaire de s’appuyer sur des niveaux de récupération motrice pour optimiser la prise en charge individuelle des patients.

RE-TURN TO PLAY #10

Cas évoqué : Prise en charge d’une chondropathie femoro-patellaire  chez un footballeur professionnel

La chondropathie femoro-patellaire se caractérise par des lésions cartilagineuses de la trochlée ou de la rotule, les étiologies étant multiples. Elle est caractérisée par des douleurs antérieures le plus souvent en position fléchie associées ou non à des craquements dans les mouvements de flexion/extension.

Le cas pratique évoqué dans cet article concerne un footballeur professionnel international évoluant dans un championnat étranger.  Il présentait une chondropathie rotulienne. L’enjeu de sa venue chez ATHLETIC était une reprise rapide de ses capacités musculaires afin de pouvoir reprendre l’entraînement spécifique pour se laisser la possibilité de choisir le club dans lequel il souhaitait effectuer son dernier challenge. Les douleurs étaient alors récurrentes et intenses avec une forte inhibition de son quadriceps. A son arrivée chez Athletic, le joueur sortait d’une période d’inactivité de 6 semaines (douleurs à la course à pied). Suite à la réalisation du test d’aptitude à la réathlétisation, 10 séances de réathlétisation d’une durée d’1h30 encadrées par un préparateur physique spécialisé pendant 2 semaines consécutives ont été préconisées. Ce sont ajoutées 4 séances de renforcement musculaire isocinétique infra-douloureux concentrique et excentrique du quadriceps du côté symptomatique.

L’objectif principal du protocole était d’effectuer un travail de renforcement spécifique du quadriceps (en privilégiant le renforcement excentrique et plus spécifiquement le vaste medial) sans oublier d’effectuer un travail des ischio-jambiers afin de maintenir l’équilibre de la balance agoniste/antagoniste.  L’objectif secondaire était d’intégrer une préparation physique à la réathlétisation pour optimiser la reprise de début de saison.

Le protocole s’est déroulé en 2 étapes : restaurer les qualités musculaires du quadriceps puis renforcer musculairement le bas du corps avec intensification de la charge de travail associé à du travail d’endurance musculaire. Le renforcement du quadriceps à nécessité beaucoup de précaution afin de limiter les contraintes sur le cartilage tout en permettant un gain significatif de force permettant par la suite de limiter les contraintes mécaniques dans le genou. Le travail fonctionnel complexe n’a été mis en place qu’au cours de la 2ème semaine de travail.

En fin de protocole, le joueur était capable d’effectuer des courses longues, des courses à hautes intensités avec changements de direction, des sauts répétés sur sol stable et instable sans douleur ni appréhension. Il a pu reprendre l’entraînement spécifique football pour se préparer à un nouveau challenge.

RE-VISION #9

  1. Doit- on privilégier un travail musculaire fonctionnel ou un travail musculaire isolé en phase de réathlétisation sur un sportif amateur ?

Réponse : Les deux éléments doivent impérativement être réalisés. Leur proportion dans la planification dépend de leur capacité neuromusculaire mais également de leur contrôle neuromusculaire. Le travail musculaire isolé permet de rééquilibrer le niveau de force maximal du membre lésé en comparaison du membre « sain ». Le travail musculaire fonctionnel permet de retrouver la fonctionnalité des groupes musculaires en situation sportive spécifique.

  1. Le travail de force est-il indispensable lors d’une réathlétisation du LCA sur un patient non sportif ?

Réponse : Oui. Toute personne opérée, qu’elle soit sportive ou non sportive, doit réaliser un travail de force pour agir en prévention secondaire sur le membre lésé mais également en prévention primaire sur le membre « sain ».

  1. Le travail à poids de corps suffit-il pour faire un travail de force ?

Réponse : Non. Et ceci pour deux raisons :

  • l’utilisation de charges additionnelles va permettre une sollicitation plus importante des fibres musculaires et de les préparer à la surcharge subie due à l’activité physique (exemple : on subit 2.5 fois son poids de corps lors de la course à pied).
  • le travail de force en réathlétisation est sous maximal par rapport au niveau développé avant la blessure. L’utilisation de machine permet de regagner progressivement de la force maximale sans surcharger l’articulation et risquer un syndrome rotulien ou tendinopathie.

RE-TURN TO PLAY #9 – PRISE EN CHARGE DU SYNDROME FEMORO-PATELLAIRE POST LIGAMENTOPLASTIE PAR DIDT CHEZ UN RUGBYMAN PROFESSIONNEL

Une complication fréquente (10-22% [1]) après la reconstruction du LCA est le syndrome femoro-patellaire, qui reste gênant pour un tiers des genoux après la chirurgie par une greffe du tendon des ischio-jambiers [2,3]. 15% des patients ayant subi une chirurgie reconstructrice du LCA ont retardé leur reprise d’activité sportive en raison de douleurs liées au SDR [4,5].

Le cas pratique évoqué dans cet article concerne un rugbyman professionnel du Top 14.  Il présentait un syndrome femoro-patellaire à 11 mois post ligamentoplastie par DIDT avec ténodèse latérale et suture du ménisque interne. L’enjeu de sa venue chez Athletic était une reprise rapide de ses capacités musculaires afin de pouvoir reprendre l’entraînement spécifique pour préparer la deuxième partie de saison du championnat. Les douleurs étaient alors récurrentes et intenses avec une forte inhibition de son quadriceps et de ses ischio-jambiers sur certaines angulations en flexion. A son arrivée chez Athletic, suite à la réalisation du test d’aptitude à la réathlétisation, 15 séances de réathlétisation d’une durée d’1h30 encadrées par un préparateur physique spécialisé pendant 3 semaines consécutives ont été préconisées. Se sont ajoutées 6 séances de renforcement musculaire isocinétique infra-douloureux concentrique et excentrique du quadriceps du côté symptomatique.

L’objectif principal du protocole était d’effectuer un travail de renforcement spécifique du quadriceps (en privilégiant le renforcement du vaste interne) sans oublier d’effectuer un travail des ischio-jambiers afin de maintenir l’équilibre de la balance agoniste/antagoniste.  L’objectif secondaire était d’intégrer une préparation physique à la réathlétisation pour optimiser la reprise du rugby.

Le protocole devait se dérouler en 3 étapes : restaurer les qualités musculaires du quadriceps, renforcement musculaire du bas du corps avec intensification de la charge de travail et associé à du travail d’endurance musculaire, préparation physique spécifique rugby. Cependant, après 5 séances de travail, nous avons constaté de réelles difficultés biomécaniques qui empêchaient toute évolution marquée de l’état du sportif. Après concertation avec son chirurgien, il a été décidé de poursuivre la prise en charge en réathlétisation avec programmation de nouveaux examens et d’orienter uniquement le travail sur de la force. Il a alors été détecté un cyclope et un point de la suture méniscale avait lâché. Suite à une nouvelle chirurgie, le staff médical de son club l’a pris en charge en rééducation. Lors de sa période de convalescence post opératoire, le kiné du club ayant la charge de ce joueur, est venu suivre le module réathlétisation genou dispensé par Athletic.

Le staff médical du joueur a décidé de le faire venir chez Athletic pour évaluer son niveau de récupération et initier la phase de réathlétisation. Une nouvelle prise en charge de 10 séances sur 2 semaines consécutives d’une durée d’1H30 a été mise en place 1 mois après son opération. L’objectif était de recouvrer une capacité et un contrôle neuromusculaire permettant au joueur de poursuivre sa réathlétisation dans son club auprès du kiné formé et de reprendre progressivement l’entraînement spécifique.

Le nouvel enjeu pour Athletic dans le suivi de ce sportif est l’accompagnement à distance de sa prise en charge par le kiné formé. De nombreux échanges entre les différents acteurs ont permis une reprise progressive du rugby après validation du test fonctionnel K-STARTS.

La reprise intensive de l’entraînement a pu se faire lors de la réintégration du joueur dans l’effectif pour la préparation physique de début de saison. Cela lui a permis de participer aux matches amicaux de présaison et de postuler à une place de titulaire pour cette nouvelle saison en Top 14.

 

Références :

  1. Monnot et al. 1st World Sports Physical Therapy Congress, Bern, Switzerland, November 20th-21st, 2015.
  2. Culvenor AG, Collins NJ, Vicenzino B, Cook JL, Whitehead TS, Morris HG, Crossley KM. Predictors and effects of patellofemoral pain followinghamstring-tendon ACL reconstruction. J Sci Med Sport 2016; 19(7):518-523.
  3. Li et al. Knee, 18:287–293, 2011
  4. Shelbourne KD, Trumper RV. Preventing anterior knee pain after anterior cruciate ligament. Am J Sports Med 1997; 25:41–7.
  5. Savalli L, Hernandez-Sendin MI, Puig PL, Trouve P. Pain after anterior cruciate ligament reconstruction: detail and treatment. Annales de réadaptation et de médecine physique 2004; 47:299–308.

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