9H00 - 19H00
LUNDI - VENDREDI
4 RUE JEAN SARRAZIN
69008 LYON
04 78 00 37 29
CONTACT@REATHLETIC.FR

RE-TURN TO PLAY

RETROUVEZ TOUS NOS ARTICLES

RE-TURN TO PLAY #15

Le cas pratique étudié aujourd’hui porte sur un sportif amateur pratiquant le cyclisme sur route et le VTT. Ce sportif a été opéré à la suite d’une luxation (perte permanente et complète des surfaces articulaires au niveau de l’articulation glénohumérale) provoquée par une chute sur la main lors d’une sortie.

A 4,5 mois post-opératoire, il est venu au centre ATHLETIC afin de passer le S-STARTS, pour valider, ou non, son retour au sport.

A la suite de cette batterie de tests, ses résultats étaient en deçà de ses attentes initiales et nous avons pu observer plusieurs déficits : ses muscles de sa coiffe des rotateurs étaient plus faibles sur son épaule opérée, il manquait d’explosivité, de puissance et également d’endurance musculaire. 6 séances de réathlétisation lui ont été préconisées. Il a donc fallu prendre en compte les déficits observés mais également les spécificités et exigences de son activité physique.

Sa réathlétisation a été axé autour de 3 axes principaux :

  1. Postural et proprioceptif
  2. Renforcement des muscles spécifiques
  3. Développement des qualités physiques spécifiques de son sport
  • La première phase, commune à toutes les réathlétisations d’épaule, était axée sur le travail postural où l’on a débuté avec des exercices simples, à poids de corps, sur des surfaces stables en privilégiant un tempo lent et un contrôle neuro-musculaire. Nous avons également débuté la phase proprioceptive avec des tâches motrices simples.
  • Pour la seconde phase, nous avons entrepris un travail de renforcement spécifique des muscles stabilisateurs de la scapulo-thoracique avec, notamment, du travail de tirage unilatéral en complexifiant la tâche au fur et à mesure. Nous avons également continué notre travail de proprioception en augmentant la difficulté progressivement.
  • Enfin, pour la troisième et dernière phase, nous avons axé notre travail de développement des qualités physiques en essayant de se rapprocher des spécificités de son activité. Nous avons donc réalisé plusieurs circuits d’endurance de force où le sportif devait faire des exercices avec des échelles de rythmes couplés à un travail avec un trampoline dans le but de réadapter son épaule aux contraintes d’absorption.

A la fin de ces séances, le sportif a été capable de reprendre son sport et toutes ses activités professionnelles sans douleur ni appréhension.

RE-TURN TO PLAY #14

Réathlétisation d’une épaule après opération d’une butée antérieure

Le cas pratique étudié aujourd’hui concerne la réathlétisation d’un joueur de rugby évoluant en promotion d’honneur, opéré d’une butée antérieure à la suite de subluxations récidivantes.

Dans le schéma de prise en charge post opératoire, une radio de contrôle et une visite avec le chirurgien et le médecin référent sont prévues au 3e mois pour vérifier la consolidation de la butée. Suite à cette visite et selon leurs recommandations, leur aval est donné pour que soit effectué à ATHLETIC un test d’aptitude à la réathlétisation (T.A.R)

Ce test a pour objectif de valider ou non une entrée en réathlétisation, en vérifiant que les amplitudes articulaires ont toutes été récupérées et qu’il y a une bonne stabilité du complexe de l’épaule. L’observation morpho statique nous renseigne également sur d’éventuels défauts de posture aux fins de proposer des éléments de travail pour corriger les déséquilibres observés avant d’entreprendre un renforcement plus global de l’épaule.

L’entrée en réathlétisation ayant été validée, nous avons préconisé 9 séances avec pour objectifs :

Correction des défauts observés : très léger déficit d’amplitude des rotateurs latéraux de l’épaule opérée par rapport au membre sain, cyphose thoracique, enroulement des épaules sur l’avant et élévation de l’épaule opérée.

– Amélioration du contrôle neuromusculaire de l’épaule

– Renforcement des muscles scapulo-thoraciques et scapulo-huméraux

Le protocole s’est déroulé en 3 phases :

°La phase 1 (3 séances) a été consacrée à un travail de mobilité, de posture et de proprioception visant à optimiser l’amplitude en RE 2, à améliorer la synergie entre les ceintures pelvienne et scapulaire, à l’activation des muscles scapulo-thoracique, avec prédominance sur la région postérieure (rhomboïdes, élévateurs de la scapula, trapèze inferieur). Les exercices sont réalisés sur des tempos lents, priorisant le contrôle moteur associé à un maintien postural efficace, avant d’entreprendre un renforcement plus soutenu. Phase importante pour recouvrer de la confiance et lever les appréhensions.

°La phase 2 (4 séances) a été axée sur un travail d’endurance de force des muscles scapulo- thoraciques puis des muscles scapulo-huméraux. Le travail de proprioception s’intensifie par une complexification des tâches en intégrant des exercices sur surfaces instables et/ou avec charges instables, à des vitesses d’exécution plus élevées, combiné avec d’autres taches motrices.

°La phase 3 (2 séances) a mis l’accent sur un travail plus dynamique pour recouvrer de la vitesse et de la coordination motrice spécifique rugby, en sollicitant les fibres rapides avec des exercices comme le tapping scapulaire, l’échelle de rythme associé à un travail de passes.

En fin de protocole, le sportif était capable de réaliser des mouvements fonctionnels et de musculation sans aucune douleur, gène ni appréhension. Suite à sa réathlétisation, il a effectué un test fonctionnel de retour au sport qui lui a permis de valider une reprise terrain.

RE-TURN TO PLAY #13

Prise en charge d’un rugbyman professionnel post LCA

Depuis la professionnalisation du rugby en 1995, le taux de blessures n’a cessé d’augmenter (Fuller, 2013). Le rugby est un sport avec des impacts violents entraînant des blessures souvent grave débouchant sur une longue période de récupération et de rééducation (> 10 semaines) (Williams, 2013). Les blessures au genou représentent le plus grand nombre de jours d’absence chez les rugbymen professionnels. Les lésions du LCA représentent 29% des jours manqués dû aux blessures au genou, soit en moyenne 271 jours d’absence par rupture du LCA (Dallalana, 2007). Montgomery (2018) a montré un taux de lésions de LCA de 0.43 pour 1000 heures de pratique en condition de match. 56% des blessures du LCA interviennent soit lors d’un plaquage, soit lors d’une course offensive. Plus de la moitié des lésions du LCA interviennent sur un contact. Pour les lésions sans contact, la plupart surviennent lors d’un appui latéral de la part du porteur de balle et principalement lors d’une attaque talon du pied au sol (Montgomery, 2018).

Le cas pratique étudié est un jeune rugbyman de 23 ans évoluant en Pro D2, ayant subi une rerupture du LCA lors d’un match de Top 14. En effet, le joueur avait déjà eu une intervention en 2014 sur le même genou. Suite à la passation de deux K-STARTS révèlant des déficits importants, le joueur a intégré un protocole de réathlétisation spécifique du genou au sein de notre structure Reathletic. La prise en charge s’est effectuée sur 3 semaines consécutives à raison d’une séance quotidienne d’1H30 encadrée par un préparateur physique spécialisé et de 30min de protocoles de récupération avec Game ready et pressothérapie.

La présence d’une inhibition quadricipitale douloureuse mise en évidence lors de l’évaluation isocinétique a orienté le protocole sur une prise en charge associée entre LCA et syndrome douloureux rotulien (SDR). La plus grande difficulté dans ce protocole a été de « casser » la boucle nociceptive afin de permettre au quadriceps d’agir sur toute l’amplitude du mouvement. Le protocole a suivi deux axes de renforcement : la force maximale et l’endurance de force.

La force maximale excentrique a été l’axe de travail principal des premières séances afin d’augmenter la capacité du muscle à absorber les contraintes rotuliennes. Pour cela, nous avons mis en place deux types d’exercices en chaîne cinétique fermée : le premier consistait à augmenter la force maximale sur les 40 premiers degrés de flexion, et le deuxième, d’avoir un travail excentrique infra douloureux sur une amplitude musculaire de 110° de flexion. En parallèle, la séance comportait un travail d’endurance de force au travers d’exercices d’appuis sur des angles de flexion faibles permettant à la fois de développer la coordination motrice mais également de redonner l’habitude au muscle de travailler sans douleur.

Une deuxième phase avec l’introduction du travail en chaîne cinétique ouverte, tout d’abord en statique puis en dynamique les 40° derniers d’extension a permis de retrouver une certaine fonctionnalité du genou.

La troisième a été axée sur un transfert du travail de force sur des exercices d’agilité spécifique rugby.

A l’issu du protocole, le joueur a pu réintégrer progressivement le travail avec son équipe afin de continuer sur une préparation physique spécifique rugby avec les préparateurs physique de son club. Après un mois et demi de travail dans son club et 11 mois après son opération, le joueur a repris la compétition lors d’une rencontre de Pro D2.

 

Bibliographie

Williams S, Trewartha G, Kemp S, & Stokes, K (2013). A meta-analysis of injuries in senior men’s professional Rugby union. Sports Medicine, 43 (10), 1043–1055.

Fuller CW, Sheerin K, Targett S. Rugby World Cup 2011: International Rugby Board injury surveillance study. Br J Sports Med 2013; 47: 1184–91.

Dallalana RJ, Brooks JH, Kemp SP, et al. The epidemiology of knee injuries in English professional rugby union. Am J Sports Med 2007; 35: 818–30.

Montgomery C, Blackburn J, Withers D, Tierney G, Moran C, Simms C. Mechanisms of ACL injury in professional rugby union: a systematic video analysis of 36 cases. Br J Sports Med. 2018; 52(15):994-1001.

RE-TURN TO PLAY #12

 

Prise en charge d’un jeune sportif amateur après rupture du LCA avec complications post opératoire.

Le risque de rupture du LCA est importante chez le jeune sportif avec possibilité de lésion  itérative s’il a moins de 20 ans et pratique des sports de pivots et/ou contacts (Morgan, 2016 ; Webster, 2016). L’objectif de la chirurgie va être de stabiliser son genou pour permettre une reprise progressive de l’activité physique suivie d’une phase de réathlétisation obligatoire pour envisager une reprise sportive. Les complications suite à une chirurgie existent. Les complications potentielles à long terme liées à une lésion du LCA peuvent être une instabilité chronique du genou, des lésions méniscales et du cartilage, le développement de l’arthrose. Environ 50% des patients pourront développer une arthrose associée à de la douleur et une déficience fonctionnelle dans les 10 à 20 ans après la blessure d’origine indépendamment de la chirurgie ou d’un traitement conservateur (Zebis, 2009). En outre, après reconstruction du LCA, moins plus de 50% des patients retourneront au sport dans l’année, moins de 65% dans les 2 ans, 24% changeront de sport et 11% cesseront leurs activités sportives (Gobbi, 2006 ; Hewett, 2013). Les lésions du LCA sont devenues un problème de santé publique, en particulier avec le nombre de jeunes individus impliqués dans le sport, l’incidence croissante des lésions chez les très jeunes patients, et les conséquences à long terme de la blessure. Cela conduit à l’intérêt d’identifier des facteurs de risque de blessures et les stratégies de prévention qui conduiraient à une réduction de son incidence (Acevedo, 2014).

Le cas pratique étudié est celui d’un jeune homme de 18 ans ayant eu une intervention pour rupture du LCA qui a été suivi de complications. Une deuxième intervention a été nécessaire suite à une infection consistant à un « nettoyage articulaire ». En raison d’une raideur, il a été réalisé une mobilisation sous anesthésie générale permettant de récupérer les amplitudes articulaires. Un an après la première intervention, Clément présentait un déconditionnement physique global et une faiblesse musculaire avec douleurs associées.

La prise en charge de Clément s’est effectuée sur deux blocs de 12 séances de réathlétisation. Le premier bloc a permis un reconditionnement physique global, une récupération partielle de son niveau de force musculaire et de la fonctionnalité de son membre inférieur. A l’issu de ce premier bloc, Clément ne présentait pratiquement plus aucune douleur au quotidien et a même pu repratiquer le snowboard sur une demi-journée. Une coupure de 3 semaines a été effectuée avant le deuxième bloc permettant la surcompensation du travail effectué lors du premier bloc.

Dans ce second bloc, un travail de force maximale, d’endurance de force et d’explosivité ont permis d’ancrer les gains et de permettre à Clément de pratiquer à nouveau des activités physiques et sportives.

Dans ce type de prise en charge, l’important est de montrer le chemin à parcourir à l’athlète (planification claire et expliquée) et de toujours travailler en fonction de ses sensations et du niveau de douleur. Si le protocole nécessite un nombre important de séances (supérieur à 15), il est obligatoire de le scinder en deux parties permettant une phase de surcompensation.  Sans cette surcompensation, les efforts demandés seront trop conséquents et impacteront la qualité du travail et éventuellement le niveau de douleurs. A terme, les résultats seront plus longs à se faire ressentir.

 

Bibliographie

Morgan MD, Salmon LJ, Waller A, Roe JP, Pinczewski LA. Fifteen-Year Survival of Endoscopic Anterior Cruciate Ligament Reconstruction in Patients Aged 18 Years and Younger. Am J Sports Med. 2016 Feb; 44(2):384-92.

Webster KE, Feller JA. Exploring the High Reinjury Rate in Younger Patients Undergoing Anterior Cruciate Ligament Reconstruction. Am J Sports Med. 2016 Nov; 44(11):2827-2832.

Zebis MK, Andersen LL, Bencke J, et al. Identification of athletes at future risk of anterior cruciate ligament ruptures by neuromuscular screening. Am J Sports Med. 2009; 37:1967Y73.

Gobbi A, Francisco R. Factors affecting return to sports after anterior cruciate ligament reconstruction with patellar tendon and hamstring graft: a prospective clinical investigation. Knee Surg Sports Traumatol Arthrosc. 2006; 14:1021Y8.

Hewett TE, Di Stasi SL, Myer GD. Current concepts for injury prevention in athletes after anterior cruciate ligament reconstruction. Am. J. Sports Med. 2013; 41:216Y24.

Acevedo RJ1, Rivera-Vega A, Miranda G, Micheo W. Anterior cruciate ligament injury: identification of risk factors and prevention strategies. Curr Sports Med Rep. 2014 May-Jun; 13(3):186-91.

 

RE-TURN TO PLAY #11

Cas évoqué : prise en charge d’une épaule après opération d’une butée antérieure chez un jeune rugbyman de haut niveau

Les traumatismes liés au sport concernent principalement le membre inférieur (53,4%[1]) mais touchent également le membre supérieur, dans plus de 23%1 des cas. Parmi ce chiffre, 86%1 touchent l’épaule ! Ces blessures peuvent entraîner des problèmes d’instabilité de l’épaule et sont deux fois plus fréquents chez les sportifs que dans la population générale[2]. La prise de décision d’une chirurgie est généralement influencée  par l’âge et le niveau de sollicitation du patient (en principe jeune et sportif).

Pour réduire ces instabilités, deux interventions chirurgicales sont couramment utilisées : Latarjet, avec des taux de retour au sport de l’ordre de 67 à 71,4% chez des joueurs de rugby et de football[3] ; et Bankart, avec un retour au sport à 82,6% mais cette fois-ci chez des sportifs de niveaux et disciplines hétérogènes[4]. La question du retour au sport est une question qui revient régulièrement. Des chercheurs ont estimé qu’il était très variable[5], allant de 1,5 mois pour des pratiquants de fitness à 12 mois post-opératoire pour les sports les plus à risque, avec cependant une majorité de reprise autour du 6ème mois post-opératoire[6].

Le cas pratique étudié aujourd’hui concerne la réathlétisation d’un jeune joueur de rugby évoluant en centre de formation d’un club de rugby du Top 14 ayant subi une opération d’une butée antérieure après plusieurs épisodes de luxations antérieures. Suite à sa visite du 3ème mois post opératoire avec son chirurgien, un test d’aptitude à la réathlétisation (TAR) a été demandé pour compléter les bilans clinique et radiographique.

L’objectif du test est de valider ou non une entrée en phase de réathlétisation, en vérifiant que les amplitudes articulaires ont toutes été récupérées et que la stabilité du complexe de l’épaule est bonne. Le bilan effectué permet également d’observer les éventuels déséquilibres (lordose cervicale, enroulement des épaules, cyphose thoracique, …) et de proposer des éléments de travail pour les corriger avant d’entreprendre un travail de renforcement plus spécifique de l’épaule.

 

Suite à la passation de ce test, l’entrée en phase de réathlétisation ayant été validée, les objectifs définis ont été les suivants :

– remédier à un léger enroulement des épaules sur l’avant et une attitude cyphotique

– améliorer le contrôle neuromusculaire de l’épaule

– améliorer l’endurance et la force des articulations gléno-huméral et scapulo-thoracique

Six séances de réathlétisation ont été préconisées pour réaliser ces objectifs. Le protocole s’est déroulé en 3 phases :

Tout d’abord, les deux premières séances ont été essentiellement basées sur un travail de correction posturale et de proprioception. Les muscles stabilisateurs et fixateurs des ceintures scapulaires et pelviennes et les érecteurs du rachis.

Ensuite, les séances 2 à 4 ont été axées sur un travail de force et d’endurance de force des muscles de la coiffe des rotateurs et des muscles scapulo-thoracique. Travail sur des tempos lents, toujours en priorisant le contrôle de la gestuelle pour s’assurer d’acquérir une exécution technique idéale avant d’entamer un travail plus rapide.

Pour finir, les séances 4 à 6 ont mis l’accent  sur un travail de force vitesse, plus dynamique, pour recouvrer de la vitesse, du rythme en sollicitant les fibres rapides avec l’utilisation d’exercices tels que le tapping scapulaire ou encore l’échelle de rythme.

En fin de protocole, le jeune sportif était capable de réaliser des mouvements fonctionnels et de musculation sans aucune douleur, gène, ni appréhension. A l’issu du protocole, un test fonctionnel de retour au sport a été effectué, permettant de valider une reprise terrain progressive et spécifique.

[1] Rechik, V., Lindsay, M., Nowak, A. Sport et santé : les blessures chez les sportifs. Université de Genève, Suisse. 2007.
[2] Wang, R. Y., & Arciero, R. A. (2008). Treating the athlete with anterior shoulder instability. Clinics in sports medicine, 27(4), 631-648.
[3] Cerciello, S., Edwards, T. B., & Walch, G. (2012). Chronic anterior glenohumeral instability in soccer players: results for a series of 28 shoulders treated with the Latarjet procedure. Journal of Orthopaedics and Traumatology, 13(4), 197-202
[4] Gerometta, A., Rosso, C., Klouche, S., & Hardy, P. (2016). Arthroscopic Bankart shoulder stabilization in athletes: return to sports and functional outcomes. Knee Surgery, Sports Traumatology, Arthroscopy, 24(6), 1877-1883.
[5] Dumont, G. D., Fogerty, S., Rosso, C., & Lafosse, L. (2014). The arthroscopic Latarjet procedure for anterior shoulder instability: 5-year minimum follow-up. The American journal of sports medicine, 42(11), 2560-2566
[6] Ciccotti, M. C., Syed, U., Hoffman, R., Abboud, J. A., Ciccotti, M. G., & Freedman, K. B. (2017). Return to Play Criteria Following Surgical Stabilization for Traumatic Anterior Shoulder Instability: A Systematic Review. Arthroscopy: The Journal of Arthroscopic & Related Surgery

RE-TURN TO PLAY #10

Cas évoqué : Prise en charge d’une chondropathie femoro-patellaire  chez un footballeur professionnel

La chondropathie femoro-patellaire se caractérise par des lésions cartilagineuses de la trochlée ou de la rotule, les étiologies étant multiples. Elle est caractérisée par des douleurs antérieures le plus souvent en position fléchie associées ou non à des craquements dans les mouvements de flexion/extension.

Le cas pratique évoqué dans cet article concerne un footballeur professionnel international évoluant dans un championnat étranger.  Il présentait une chondropathie rotulienne. L’enjeu de sa venue chez ATHLETIC était une reprise rapide de ses capacités musculaires afin de pouvoir reprendre l’entraînement spécifique pour se laisser la possibilité de choisir le club dans lequel il souhaitait effectuer son dernier challenge. Les douleurs étaient alors récurrentes et intenses avec une forte inhibition de son quadriceps. A son arrivée chez Athletic, le joueur sortait d’une période d’inactivité de 6 semaines (douleurs à la course à pied). Suite à la réalisation du test d’aptitude à la réathlétisation, 10 séances de réathlétisation d’une durée d’1h30 encadrées par un préparateur physique spécialisé pendant 2 semaines consécutives ont été préconisées. Ce sont ajoutées 4 séances de renforcement musculaire isocinétique infra-douloureux concentrique et excentrique du quadriceps du côté symptomatique.

L’objectif principal du protocole était d’effectuer un travail de renforcement spécifique du quadriceps (en privilégiant le renforcement excentrique et plus spécifiquement le vaste medial) sans oublier d’effectuer un travail des ischio-jambiers afin de maintenir l’équilibre de la balance agoniste/antagoniste.  L’objectif secondaire était d’intégrer une préparation physique à la réathlétisation pour optimiser la reprise de début de saison.

Le protocole s’est déroulé en 2 étapes : restaurer les qualités musculaires du quadriceps puis renforcer musculairement le bas du corps avec intensification de la charge de travail associé à du travail d’endurance musculaire. Le renforcement du quadriceps à nécessité beaucoup de précaution afin de limiter les contraintes sur le cartilage tout en permettant un gain significatif de force permettant par la suite de limiter les contraintes mécaniques dans le genou. Le travail fonctionnel complexe n’a été mis en place qu’au cours de la 2ème semaine de travail.

En fin de protocole, le joueur était capable d’effectuer des courses longues, des courses à hautes intensités avec changements de direction, des sauts répétés sur sol stable et instable sans douleur ni appréhension. Il a pu reprendre l’entraînement spécifique football pour se préparer à un nouveau challenge.

RE-TURN TO PLAY #9 – PRISE EN CHARGE DU SYNDROME FEMORO-PATELLAIRE POST LIGAMENTOPLASTIE PAR DIDT CHEZ UN RUGBYMAN PROFESSIONNEL

Une complication fréquente (10-22% [1]) après la reconstruction du LCA est le syndrome femoro-patellaire, qui reste gênant pour un tiers des genoux après la chirurgie par une greffe du tendon des ischio-jambiers [2,3]. 15% des patients ayant subi une chirurgie reconstructrice du LCA ont retardé leur reprise d’activité sportive en raison de douleurs liées au SDR [4,5].

Le cas pratique évoqué dans cet article concerne un rugbyman professionnel du Top 14.  Il présentait un syndrome femoro-patellaire à 11 mois post ligamentoplastie par DIDT avec ténodèse latérale et suture du ménisque interne. L’enjeu de sa venue chez Athletic était une reprise rapide de ses capacités musculaires afin de pouvoir reprendre l’entraînement spécifique pour préparer la deuxième partie de saison du championnat. Les douleurs étaient alors récurrentes et intenses avec une forte inhibition de son quadriceps et de ses ischio-jambiers sur certaines angulations en flexion. A son arrivée chez Athletic, suite à la réalisation du test d’aptitude à la réathlétisation, 15 séances de réathlétisation d’une durée d’1h30 encadrées par un préparateur physique spécialisé pendant 3 semaines consécutives ont été préconisées. Se sont ajoutées 6 séances de renforcement musculaire isocinétique infra-douloureux concentrique et excentrique du quadriceps du côté symptomatique.

L’objectif principal du protocole était d’effectuer un travail de renforcement spécifique du quadriceps (en privilégiant le renforcement du vaste interne) sans oublier d’effectuer un travail des ischio-jambiers afin de maintenir l’équilibre de la balance agoniste/antagoniste.  L’objectif secondaire était d’intégrer une préparation physique à la réathlétisation pour optimiser la reprise du rugby.

Le protocole devait se dérouler en 3 étapes : restaurer les qualités musculaires du quadriceps, renforcement musculaire du bas du corps avec intensification de la charge de travail et associé à du travail d’endurance musculaire, préparation physique spécifique rugby. Cependant, après 5 séances de travail, nous avons constaté de réelles difficultés biomécaniques qui empêchaient toute évolution marquée de l’état du sportif. Après concertation avec son chirurgien, il a été décidé de poursuivre la prise en charge en réathlétisation avec programmation de nouveaux examens et d’orienter uniquement le travail sur de la force. Il a alors été détecté un cyclope et un point de la suture méniscale avait lâché. Suite à une nouvelle chirurgie, le staff médical de son club l’a pris en charge en rééducation. Lors de sa période de convalescence post opératoire, le kiné du club ayant la charge de ce joueur, est venu suivre le module réathlétisation genou dispensé par Athletic.

Le staff médical du joueur a décidé de le faire venir chez Athletic pour évaluer son niveau de récupération et initier la phase de réathlétisation. Une nouvelle prise en charge de 10 séances sur 2 semaines consécutives d’une durée d’1H30 a été mise en place 1 mois après son opération. L’objectif était de recouvrer une capacité et un contrôle neuromusculaire permettant au joueur de poursuivre sa réathlétisation dans son club auprès du kiné formé et de reprendre progressivement l’entraînement spécifique.

Le nouvel enjeu pour Athletic dans le suivi de ce sportif est l’accompagnement à distance de sa prise en charge par le kiné formé. De nombreux échanges entre les différents acteurs ont permis une reprise progressive du rugby après validation du test fonctionnel K-STARTS.

La reprise intensive de l’entraînement a pu se faire lors de la réintégration du joueur dans l’effectif pour la préparation physique de début de saison. Cela lui a permis de participer aux matches amicaux de présaison et de postuler à une place de titulaire pour cette nouvelle saison en Top 14.

 

Références :

  1. Monnot et al. 1st World Sports Physical Therapy Congress, Bern, Switzerland, November 20th-21st, 2015.
  2. Culvenor AG, Collins NJ, Vicenzino B, Cook JL, Whitehead TS, Morris HG, Crossley KM. Predictors and effects of patellofemoral pain followinghamstring-tendon ACL reconstruction. J Sci Med Sport 2016; 19(7):518-523.
  3. Li et al. Knee, 18:287–293, 2011
  4. Shelbourne KD, Trumper RV. Preventing anterior knee pain after anterior cruciate ligament. Am J Sports Med 1997; 25:41–7.
  5. Savalli L, Hernandez-Sendin MI, Puig PL, Trouve P. Pain after anterior cruciate ligament reconstruction: detail and treatment. Annales de réadaptation et de médecine physique 2004; 47:299–308.

Posté dans Actualités, RE-TURN TO PLAY - Commentaires fermés sur RE-TURN TO PLAY #9 – PRISE EN CHARGE DU SYNDROME FEMORO-PATELLAIRE POST LIGAMENTOPLASTIE PAR DIDT CHEZ UN RUGBYMAN PROFESSIONNEL

RE-TURN TO PLAY #8 – REATHLETISATION D’UNE BASKETTEUSE AMATEUR A 6 MOIS POST OPÉRATOIRE D’UN LCA

Le basketball nécessite des mouvements spécifiques qui le différencient des facteurs de risque et des mécanismes de blessure des autres sports. Ces demandes ont évolué au cours des deux ou trois dernières décennies avec l’évolution des règles (chronomètre plus court, balle féminine plus légère) qui ont accéléré le jeu, entraînant des adaptations physiologiques des joueurs1. Le basketball est un sport intrinsèquement « vertical » avec en moyenne de 35 à 46 sauts et réception par match, soit 2 à 4 fois plus que le football et le volleyball. Son côté multidirectionnel demande constamment des accélérations et décélérations, des changements de direction ou d’activités toutes les 2 à 3 secondes2,3. En basketball, la procédure chirurgicale la plus réalisée est la reconstruction du ligament croisé antérieur (LCA)4. De nombreuses études ont mis en évidence un taux de lésion du LCA plus important chez les femmes que chez les hommes dans le sport, à tous niveaux de pratique5. Le nombre de rupture du LCA peut être de deux à huit fois plus important chez les femmes que chez les hommes6,7. La majorité des ruptures surviennent entre 15 et 25 ans8. Le taux de rupture du LCA est de 0,29 pour 1000h expositions contre 0,08 de LCA pour les garçons. Chez les basketteurs professionnels, de 0,20 pour 1000h expositions chez les filles et de 0,21 pour les garçons6.  Plusieurs facteurs pourraient expliquer ses différences comme l’influence des hormones, les caractéristiques anatomiques (pente tibiale postérieur, largeur de l’échancrure) et les déficits de force musculaires des quadriceps et des ischio-jambiers9. Dans 70% des cas le mécanisme de rupture est sans contact : 60% lors d’une décélération brutale, 20% prise d’appuis avec rotation lors d’un saut6,9.

Le cas évoqué dans cet article concerne une basketteuse amateure de 18 ans. La reconstruction du LCA a été effectuée par DIDT associée à une reconstruction du ligament antéro-latéral. La prise en charge en réathlétisation chez Athletic a débuté à 6 mois post opératoire.  L’enjeu était la reprise progressive du basketball et une amélioration des diverses qualités physiques.

Les résultats aux tests isocinétique et fonctionnel ont permis de définir un accompagnement sur 6 séances à raison de deux séances hebdomadaires. Les résultats au test isocinétique ont mis en évidence un déficit des ischio-jambiers en excentrique et en concentrique sur la jambe opérée ainsi qu’un déficit bilatéral des quadriceps en excentrique et concentrique. Le résultat de 62/100 au test fonctionnel confirme les résultats du test isocinétique. Il y a présence d’un genou valgum bilatéral ce qui signifie un manque de force des quadriceps en excentrique et un manque de force des stabilisateurs de hanche. De plus, il a été mis en évidence un manque de force concentrique des quadriceps par rapport à son poids de corps et son niveau d’activité sportive. Enfin, les résultats montraient qu’un travail d’explosivité, d’endurance de force et d’explosivité devait être mis en place. Le protocole s’est déroulé sur 3 semaines consécutives. Le premier objectif a été d’augmenter la force excentrique de ses quadriceps et des ischio-jambiers associée à une amélioration de la posture dynamique. Le deuxième objectif a été le développement de la force maximale des quadriceps et des ischio-jambiers associée à du travail de coordination motrice et d’explosivité. Enfin, le dernier objectif a été de complexifier le travail fonctionnel pour se rapprocher des exigences de l’activité du basketball avec la mise en place de sprint et changements de direction associé à un travail de pliométrie. A l’issu de ce programme, Nadia a obtenu de bons résultats au second test fonctionnel (100/100). Le programme a permis à Nadia de corriger son genu valgum dynamique et de rééquilibrer les déficits musculaires qui persistaient à 6 mois post-opératoire. Enfin les séances lui ont permis de reprendre progressivement le basketball tout en confiance et sans appréhension.

 

 

Bibliographie

1/Cormery B, Marcil M, Bouvard M. (2008). Rule change incidence on physiological characteristics of elite basketball players: a 10-year-period investigation. Br J Sports Med. 42:25-30.

2/ Matthew D, Delextrat A. (2009). Heart rate, blood lactate concentration, and timemotion analysis of female basketball players during competition. J Sports Sci. 27:813-821.

3/ McInnes SE, Carlson JS, Jones CJ, Mckenna MJ. (1995). The physiological load imposed on basketball players during competition. J Sports Sci. 13:387-397.

4/ Deitch JR, Starkey C, Walters SL, Moseley JB. (2006). Injury risk in professional basketball players: a comparison of Women’s National Basketball Association and National Basketball Association athletes. Am J Sports Med. 34(7):1077-1083.

5/ McCarthy MM, Voos JE, Nguyen JT, Callahan L, Hannafin JA. (2013). Injury profile in elite female basketball athletes at the Women’s National Basketball Association combine. Am J Sports Med. 41(3):645-51.

6/ Lefevre, B. C. (2011). Revue de littérature : la rupture du ligament croisé antérieur : particularités féminines. Journal traumatologie du sport, 24-30.

7/ Agel J, Arendt EA, Bershadsky B. (2005).Anterior cruciate ligament injury in National Collegiate Athletic Association basketball and soccer: a 13- year review. Am J Sports Med. 33(4):524-530.

8/ Ireland ML. (2002). The female ACL: why is it more prone to injury? Orthop Clin North Am. 33(4):637-651.

9/ Pairot de fontenay, A. M. (2009). Rupture LCA : cas de l’athlète féminine. Journal de traumatologie du sport, 155-162.

 

Posté dans Nouveautés, RE-TURN TO PLAY - Commentaires fermés sur RE-TURN TO PLAY #8 – REATHLETISATION D’UNE BASKETTEUSE AMATEUR A 6 MOIS POST OPÉRATOIRE D’UN LCA

RE-TURN TO PLAY #7 – Prise en charge en réathlétisation d’un footballeur amateur à 4,5 mois post opératoire d’un LCA

Cas évoqué : Prise en charge en réathlétisation d’un footballeur amateur à 4,5 mois post opératoire d’un LCA

Les traumatismes liés au sport concernent principalement le membre inférieur (53.4%)1. 64% des blessures concernent les articulations et plus précisément le genou (39.7%)1. A noter que 65% des blessures ont lieu lors des activités de loisirs dont 32% lors d’activités sportives. Les sports de balle et de neige représentent à eux seuls 85% des accidents (assurance accidents de la LAA 2002). En ce qui concerne le genou – blessure orthopédique la plus fréquente -, la reconstruction du ligament croisé antérieur est l’une des procédures orthopédiques les plus couramment pratiquées2. Les sports de pivot/contact en France entraînent jusqu’à 40 000 ruptures du ligament croisé antérieur par an3. Seulement 65% des patients après ligamentoplastie du genou reprennent une activité sportive, et jusqu’à 25% des patients connaissent une deuxième rupture4. Une procédure de reconstruction du LCA réussie est définie par un faible taux de ré-opération, la récupération de la fonction physiologique du genou et la capacité à revenir au sport au niveau de pratique initial5. Le retour au sport après chirurgie reste incertain pour le patient. Pour cela, il convient d’établir une planification permettant la détermination d’objectifs/d’étapes clefs.

 

Le cas évoqué dans cet article concerne un footballeur amateur de 17 ans. La reconstruction du LCA a été effectuée par DIDT associée à une reconstruction du ligament antéro-latéral. La prise en charge en réathlétisation chez Athletic a débuté à 4.5 mois post opératoire. L’enjeu était la reprise progressive du football à 6 mois et donc au préalable un score au K-STARTS permettant cet objectif. Bastien ne présentait pas de douleurs à son entrée en phase de réathlétisation.

La première séance bilan a permis de définir un accompagnement sur 14 séances à raison de deux séances hebdomadaires. Le protocole s’est déroulé sur 7 semaines consécutives. Le premier objectif a été d’augmenter la force excentrique de ses quadriceps associée à une amélioration de la posture dynamique (sur 5 séances). Le deuxième objectif a été le développement de la force maximale des quadriceps et des ischio-jambiers associée à du travail de coordination motrice (sur 5 séances). Enfin, le dernier objectif a été de complexifier le travail fonctionnel pour se rapprocher des exigences de l’activité football (sur 4 séances). A l’issu de ce programme, Bastien a obtenu de bons résultats au test isocinétique (avec de très bonnes valeurs relatives de l’ordre de 2.9N/kg de poids de corps en concentrique et de 3.3N/kg en excentrique) et un score de 81/100 au K-STARTS. Pour obtenir la totalité des points, un perfectionnement du travail de correction posturale devait être fait.

Le programme sur 14 séances de 45 minutes à raison de 2 séances par semaine a permis d’obtenir de très résultats analytiques et fonctionnels. Bastien a eu l’autorisation de reprendre progressivement le football tout en continuant le travail de correction posturale en dynamique dans la perspective de réintégrer les contacts vers 7 mois.

 

Bibliographie :
1/ Rechik, V., Lindsay, M., Nowak, A. Sport et santé : les blessures chez les sportifs. Université de
Genève, Suisse. 2007.
2/ Gianotti SM, Marshall SW, Hume PA, Bunt L. Incidence of anterior cruciate ligament injury and
other knee ligament injuries: A national population-based study. J Sci Med Sport. 2009;12(6):622-
627.
3/ Mihelic R, Jurdana H, Jotanovic Z, Madjarevic T, Tudor A. Long-term results of anterior cruciate
ligament reconstruction: a comparison with non-operative treatment with a follow-up of 17–20
years. Int Orthop. 2011;35(7):1093-1097.
4/ http://www.atih.sante.fr/ [accessed 27 November 2013] 5/ Wiggins AJ, Grandhi RK, Schneider DK, Stanfield D, Webster KE, Myer GD. Risk of Secondary Injury
in Younger Athletes After Anterior Cruciate Ligament Reconstruction. Am J Sports Med.
2016;44:1861-1876.

Posté dans Actualités, RE-TURN TO PLAY - Commentaires fermés sur RE-TURN TO PLAY #7 – Prise en charge en réathlétisation d’un footballeur amateur à 4,5 mois post opératoire d’un LCA

RETURN TO PLAY #6

Cas évoqué : Prise en charge d’une skieuse professionnelle post ligamentoplastie du LCA et son accompagnement Athletic jusqu’aux Jeux Olympiques d’hiver de PyeongChang 2018

Les blessures graves au genou représentent plus du tiers des blessures subies par les skieurs alpins d’élite. Une atteinte du ligament croisé antérieur (LCA) est le diagnostic le plus fréquent1,2. Les lésions combinées (chondrales, méniscales, ligamentaires) par rapport aux lésions isolées du LCA sont plus fréquentes chez les skieurs alpins d’élite par rapport aux autres disciplines ou à une population non sportive4. Il ne semble pas y avoir de différence entre les skieurs masculins et féminins quant au risque d’avoir une rupture du LCA1,2,3. Malgré le fait que le taux de retour au sport chez les skieurs est correct, de récentes études ont montré des déficits neuromusculaires significatifs et persistants5,6. Le taux de re-rupture avec ré-opération est plus élevé (19%) que d’autres populations sportives (4 à 9%) et non sportive (2%)7,8,9,10,11. Ces constations permettent de souligner l’importance du travail à réaliser en réathlétisation et notamment la qualité de récupération des fonctions neuromusculaires.

Le cas évoqué dans cet article concerne une skieuse professionnelle appartenant à l’équipe nationale roumaine. Cette sportive a subi une reconstruction du LCA et du ligament antéro-latéral associée à une suture des ménisques médial et latéral. L’opération a eu lieu 14 mois avant l’ouverture des Jeux Olympiques d’hiver de PeyongChang 2018. La prise en charge en réathlétisation chez Athletic a débuté à 6.5 mois. L’enjeu était la reprise du ski le plus rapidement possible afin de pouvoir partir en stage de préparation estivale en vue de participer aux Jeux d’hiver. Ania présentait des douleurs et un test fonctionnel (K-STARTS) insuffisant pour envisager la reprise du ski (fin juin 2017). Le stage en Amérique du sud ayant lieu mi-août, il fallait dans un premier temps faire disparaitre ses douleurs pour une reprise simple de la glisse et dans un second temps poursuivre par un travail de préparation physique pour optimiser le travail technique à réaliser lors des différents stages prévus avant les Jeux.

Planning de réathlétisation

Le planning suivant a donc été établi pour respecter les différentes contraintes :

  • 8 séances de travail en réathlétisation chez Athletic d’1H30 sur 2 semaines consécutives
  • 12 jours de repos (relatif) avec un programme personnel de renforcement à poursuivre en parallèle de la reprise du ski
  • 9 séances mixtes de travail en réathlétisation et en préparation physique chez Athletic d’1H30 sur 3 semaines consécutives associées à des entraînements en ski
  • 3 semaines de travail avec un programme personnel de renforcement à poursuivre en parallèle des entrainements en ski
  • 2 stages d’une semaine de préparation physique spécifique placés entre les stages d’entrainements ski (fin août et début novembre).

Le travail postural et le renforcement musculaire analytique et fonctionnel des quadriceps, des ischio-jambiers et des stabilisateurs de hanche ont été les principaux axes de travail du protocole lors du premier stage en réathlétisation chez Athletic. A l’issu de ce programme, les résultats au K-STARTS sont passés de 52 à 90/100 avec des gains sur la jambe non opérée et une réduction des déficits controlatéraux. Lors du 2ème stage sur 3 semaines, le travail s’est axé sur le renforcement musculaire fonctionnel spécifique afin de fixer les acquis du 1er stage et sur une préparation physique spécifique pour permettre l’optimisation du stage technique au Chili. Les stages axés sur la préparation physique avaient pour but le développement des capacités cardio-vasculaires et musculaires d’Ania pour lui permettre d’être la plus performante possible sur les ski et être concentrée à 100% sur la partie technique.

Ania vient d’arriver à PyeongChang et portera haut les couleurs de la Roumanie. Nous sommes très fiers d’avoir contribué à son retour sur les skis et de l’avoir accompagné durant tous ces mois. Nous continuerons de l’accompagner à distance sur la partie athlétique. Nous lui souhaitons bonne chance pour les Jeux et de profiter au maximum de ces moments uniques.

Bibliographie :

1/ Bere T, Flørenes TW, Nordsletten L, Bahr R. Sex differences in the risk of injury in World Cup alpine skiers: a 6-year cohort study. Br J Sports Med. 2014;48:36-40.

2/ Flørenes TW, Bere T, Nordsletten L, Heir S, Bahr R. Injuries among male and female World Cup alpine skiers. Br J Sports Med. 2009;43: 973-978.

3/ Pujol N, Philippe M, Blanchi R, Chambat P, Santy CO. The incidence of anterior cruciate ligament injuries among competitive alpine skiers a 25-year investigation. Am J Sports Med. 2005;35: 1070-1074.

4/ Jordan MJ, Doyle-Baker P, Heard M, Aagaard P, Herzog W. A Retrospective Analysis of Concurrent Pathology in ACL-Reconstructed Knees of Elite Alpine Ski Racers. Orthop J Sports Med. 2017; Jul 10;5(7).

5/ Jordan MJ, Aagaard P, Herzog W. Lower limb asymmetry in mechanical muscle function: a comparison between ski racers with and without ACL reconstruction. Scand J Med Sci Sports. 2015;25:e301-e309.

6/ Jordan MJ, Aagaard P, Herzog W. Asymmetry and thigh muscle coactivity in fatigued ACL-reconstructed elite skiers. Med Sci Sports Exerc. 2017;49:11-20.

7/ Andernord D, Desai N, Bjo¨ rnsson H, Ylander M, Karlsson J, Samuelsson K. Patient predictors of early revision surgery after anterior cruciate ligament reconstruction: a cohort study of 16,930 patients with 2-year follow-up. Am J Sports Med. 2015;43:121-127.

8/ Lind M, Menhert F, Pedersen AB. The first results from the Danish ACL reconstruction registry: epidemiologic and 2-year follow-up results from 5,818 knee ligament reconstructions. Knee Surg Sport Traumatol Arthrosc. 2009;17:117-124.

9/ Mohtadi N, Chan D, Barber R, Cat C, Paolucci EO. Reruptures, reinjuries, and revisions at a minimum 2-year follow-up: a randomized clinical trial comparing 3 graft types for ACL reconstruction. Clin J Sport Med. 2016;26:96-107.

10/ Paterno MV, Rauh MJ, Schmitt LC, Ford KR, Hewett TE. Incidence of contralateral and ipsilateral anterior cruciate ligament (ACL) injury after primary ACL reconstruction and return to sport. Clin J Sport Med. 2012;22:116-121.

11/ Paterno MV, Rauh MJ, Schmitt LC, Ford KR, Hewett TE. Incidence of second ACL injuries 2 years after primary ACL reconstruction and return to sport. Am J Sports Med. 2014;42:1567-1573.