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RE-TURN TO PLAY

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RE-TURN TO PLAY – MARS

Intérêt de réaliser une phase de réathlétisation pour retourner au sport : résumé de l’article paru dans Sports Health en 2021

Return to Sport Composite Test After Anterior Cruciate Ligament Reconstruction (K-STARTS): Factors Affecting Return to Sport Test Score in a Retrospective Analysis of 676 Patients.

Franck F, Saithna A, Vieira TD, Pioger C, Vigne G, Le Guen M, Rogowski I, Fayard JM, Thaunat M, Sonnery-Cottet B.

Sports Health. 2021 Feb 6:1941738120978240. doi: 10.1177/1941738120978240.

Contexte : Le retour au sport (RTS) au niveau initial après une reconstruction du ligament croisé antérieur (LCA) est le principal objectif mais les facteurs influençant ce retour au sport sont mal connus. Le Knee Santy Athletic Return to Sport (K-STARTS) est un test composite conçu pour évaluer la capacité à retourner au sport après une chirurgie du LCA.

Hypothèse : Déterminer les facteurs clefs qui influencent le score K-STARTS dans une population importante de patients opérés d’un LCA.

Méthodes : Une analyse rétrospective des données collectées prospectivement a été réalisée. Tous les patients ayant subi une reconstruction du LCA entre mars 2016 et mai 2017 et ayant également réalisé une évaluation K-STARTS à 6 mois postopératoire ont été inclus. Pour identifier les facteurs influençant le score K-STARTS, une analyse de variance a été réalisée. Âge, sexe, niveau sportif, délai entre la blessure et la chirurgie, lésions concomitantes, type de greffe, procédure de ténodèse latérale supplémentaire, et la participation à un programme de RTS (réathlétisation) ont été analysés pour identifier les facteurs influençant le score K-STARTS.

Résultats : Un total de 676 patients a été inclus dans l’étude. Le score K-STARTS était significativement plus élevé chez les patients de sexe masculin comparativement aux femmes (13,9 vs 12,4; P <0,001), chez les patients plus jeunes (ceux âgés de <30 ans vs les patients plus âgés; 14,2 vs 12; P <0,001), les reconstructions du LCA réalisées avec des autogreffes de tendon ischio-jambiers par rapport au tendon rotulien (13,5 vs 13,1; P = 0,03) et chez ceux qui ont terminé un programme spécifique de RTS en plus de la rééducation standard, par rapport à ceux n’en ayant pas effectué (17,1 vs 13,1; p <0,001). Cependant, le seul facteur qui a considérablement influencé le K-STARTS le score au-delà du seuil de changement minimal détectable était l’achèvement du programme RTS supplémentaire. La fréquence de pratique sportive avant blessure, si le membre dominant a été blessé, temps écoulé entre la blessure et la chirurgie, la présence de lésions méniscales associées, et si une ténodèse latérale a été réalisée n’a pas eu d’influence significative sur le score K-STARTS.

Conclusion : L’achèvement d’un programme RTS spécifique, en plus de la rééducation standard, était le facteur le plus important influençant le score fonctionnel et psychologique du test RTS composite du K-STARTS à 6 mois après la reconstruction du LCA.

RE-TURN TO PLAY – JANVIER

Cas évoqué : problématique de suivi en réathlétisation en période de COVID

La crise sanitaire liée au COVID a largement chamboulé nos emplois du temps de praticiens mais également celui de nos clients.

Le suivi des séances de réathlétisation n’a pu se poursuivre en raison de la fermeture obligatoire de notre établissement.

Dans cette situation, il a donc fallu trouver des moyens pour que nos clients ne perdent pas leurs acquis.

Nous avons mis en place des programmes personnalisés avec une utilisation restreinte de matériel spécifique. L’objectif était de pouvoir réaliser entre 2 et 3 séances par semaine de renforcement spécifique d’une durée moyenne de 1H.

Une séance de cardio était demandée en sus. Cela a pu être mis en place durant les 4 premières semaines. Cependant, la progression était limitée par l’utilisation du matériel à leur disposition ainsi que par la connaissance des exercices à réaliser et leur bonne exécution.

Pour palier à cela, nous avons réorienté nos clients vers les kinésithérapeutes labellisés « Réathlétisation genou » appartenant à notre réseau de kinés formés chez Athletic. La continuité de la prise en charge a donc pu se faire sans que les patients subissent un préjudice car les méthodes employées et la logique de progression dans la planification étaient les mêmes.

RE-TURN TO PLAY – SEPTEMBRE

Prise en charge en réathlétisation d’un jeune footballeur à 4,5 mois post opératoire d’une rerupture du LCA

La rupture du ligament croisé antérieur (LCA) du genou est l’une des blessures les plus graves chez les sportifs. Aux Etats-Unis, il est recensé entre 100 000 et 200 000 ruptures du ligament croisé par an (1). Le taux de blessure du LCA est plus élevé chez les jeunes athlètes pratiquant un sport avec des changements de direction à vitesse élevée, des pivots et des contacts (2-3).
La re-rupture ipsilatéral ou une rupture controlatérale n’est pas à exclure. En effet, dans sa métha-analyse de 2016, Wiggins (4) a pu observer, en moyenne, 15% de rechute (controlatéral et ipsilatéral). En poussant plus loin sa recherche, il a intégré des études comprenant un taux de re rupture associée à l’âge des patients. En effet, les jeunes (<25 ans) sont une population plus à risque avec un taux de 21%.

Le cas pratique étudié aujourd’hui concerne la réathlétisation d’un jeune footballeur après une rechute d’une ligamentoplastie, à 10 mois post opératoire. Il a été opéré avec une chirurgie par DIDT (droit interne et demi tendineux) et la seconde avec la méthode Kenneth Jones (prélèvement tendon rotulien) avec une reconstruction du ligament antero-lateral (ténodèse latérale) ainsi qu’une suture des ménisques, interne et externe. Ce patient évolue dans un centre de formation en catégorie U19.

L’enjeu de sa venue chez Reathletic était une reprise rapide de ses capacités musculaires et fonctionnelles afin de pouvoir reprendre l’entrainement progressivement avec le club.
Nous avons commencé la phase de réathlétisation à partir de 4mois ½ post opératoire, et nous l’avons accompagné jusqu’au 6ème mois. Une seconde phase, de préparation physique, a été réalisé après 2 semaines de coupure, avant de repartir en club.

• 1ere phase :
10 séances de réathlétisation d’une durée d’1 heure, encadrées un préparateur physique spécialisé, ont été réalisées, ainsi qu’un programme de course à pied à effectuer en autonomie avec une augmentation progressive de la charge de travail.
Des douleurs rotuliennes étaient présentes au début du protocole ainsi qu’une douleur postéro-externe qui était présente depuis la seconde opération.

L’objectif principal du protocole était d’effectuer un travail de renforcement spécifique du quadriceps, des ischio-jambiers, des stabilisateurs de hanche, en intégrant progressivement le travail pliométrique pour aller vers un travail spécifique à l’activité.

  • Le protocole de la phase de réathlétisation s’est déroulé en 3 étapes :
    La première étape avait pour but de diminuer les douleurs rotuliennes à travers un travail de renforcement du quadriceps. L’activation du vaste medial en chaine cinétique ouverte à travers un travail isométrique à faible charge associé à un travail excentrique avec augmentation progressive de la charge a permis une disparation des douleurs rotuliennes. Les douleurs postéro-externes ont progressivement diminué durant le protocole avec un réapprentissage du travail de contraction des ischio-jambiers. Infra-douloureux est le maître mot lors de cette période. Nous avons donc débuté par un travail de renforcement excentrique des ischio-jambiers avec une prédominance sur la course interne, associé à un travail concentrique en utilisant le glute (CF: photo 1). Des difficultés d’activation des ischio-jambiers et un manque de force en course interne étaient présents.
    En parallèle, nous avons associé un travail de coordination et de motricité dans l’axe ainsi qu’un travail proprioceptif.
  • la seconde étape avait pour but de développer la force excentrique et concentrique du quadriceps et des ischio-jambiers, ainsi que le renforcement des muscles stabilisateurs de hanche. Nous avons intégré le travail postural dans le but de maitriser le genu valgum dynamique. Lors de cette période les douleurs postéro-externes se faisaient ressentir sur les exercices de pliométrie que nous avions intégrés progressivement.
  • la dernière étape était axée sur la reprise progressive d’appuis, l’intégration des changements de direction, de la pliométrie et des courses à haute intensité. Puis au fur et à mesure, nous nous sommes orientés vers du spécifique football.

Notre fil rouge de renforcement de la course interne des ischio-jambiers a permis de faire disparaitre les douleurs présentes et de pouvoir réaliser l’ensemble des exercices.

Dans le cadre de son suivi post-opératoire, ce joueur a passé un test isocinétique ainsi qu’un test de fonctionnel (K-STARTS). Sur le test isocinétique nous avons pu observer un manque de force en excentrique de 18%. Les autres valeurs du test étaient bonnes. Concernant le test K-STARTS, il a obtenu un score de 100/100 avec une validation de la maitrise fonctionnelle (part primordiale dans l’objectif de reprise).

Lors de la seconde phase, nous avons continué à travailler les ischio-jambiers en l’intégrant dans une préparation physique spécifique football.

Ce jeune joueur a pu reprendre l’entrainement adapté sur terrain à 6 mois et demi post-opératoire et l’entraînement collectif sans contact à 7 mois.

Bibliographie :

(1) Ahldén M, Samuelsson K, Sernert N, Forssblad M, Karlsson J, Kartus J. The Swedish National Anterior Cruciate Ligament Register: a report on baseline variables and outcomes of surgery for almost 18,000 patients. Am J Sports Med. 2012; 40(10):2230–2235. [PubMed: 22962296]
(2) Andernord D, Desai N, Bjornsson H, Ylander M, Karlsson J, Samuels-son K. Patient predictors of early revision surgery after anterior cruciate ligament reconstruction: a cohort study of 16,930 patients with 2-year follow-up. Am J Sports Med. 2015; 43(1):121–127. [PubMed: 25325560]
(3) Brophy RH, Stepan JG, Silvers HJ, Mandelbaum BR. Defending puts the anterior cruciate ligament at risk during soccer: a gender-based analysis. Sports Health. 2015; 7(3):244–249. [PubMed: 26131302]
(4) Wiggins AJ, Grandhi RK, Schneider DK, Stanfield D, Webster KE, Myen GD. Risk of Secondary Injury in Younger Athletes After Anterior Cruciate Ligament Reconstruction: A Systematic Review and Meta-analysis. Am J Sports Med. 2016 Jul; 44(7): 1861–1876.

1ère phase

2ème phase

RE-TURN TO PLAY – MARS

Prise en charge d’une luxation antérieure de l’épaule avec paralysie du plexus brachial

La sensibilité et la motricité du membre supérieur est fournie par le plexus brachial qui est composé des nerfs issus des racines spinales de C5 à T1. Le déplacement de la tête humérale en dehors de la cavité glénoïde, lors d’un traumatisme ou d’un accident, peut entraîner une lésion de ce dernier.

Le cas évoqué dans cet article concerne une jeune femme de 27 ans pratiquant du sport loisir et qui ,suite à une chute en ski (choc épaule contre un bloc de glace) présentait une luxation antérieure de l’épaule, associée à une paralysie du plexus brachial.

En l’absence de récupération au bout de 3 mois (hématome non résorbé et fibrosé), une exploration chirurgicale avec neurolyse  a été réalisée. Une longue phase de rééducation a été menée, permettant une récupération partielle des amplitudes. Suite à cela elle a souhaité mettre en place une phase de réathlétisation pour reprendre ses activités sportives dans les meilleures conditions.

Pour débuter cette phase, nous avons realisé un test d’aptitude à la réathlétisation à 18 mois post opératoire afin de connaitre sa capacité à suivre ce processus. Ce bilan a mis en évidence :

-Une contracture au niveau du trapèze supérieur du côte lésé

-Un déficit d’amplitude en rotation médiale et latérale associé à des douleurs sur les derniers degrés

-Un déficit de force et d’endurance de force

Une prise en charge de 10 séances de réathlétisation a été préconisée.

L’objectif principal de notre protocole était de retrouver une capacité de mouvements sans gêne ni douleur (travail d’amplitude) et des capacités musculaires (travail de renforcement) afin de poursuivre sereinement ses différentes activités sportives.

La 1ere phase était axée sur un travail d’étirement pour éliminer les tensions musculaires et améliorer la mobilité du rachis cervical et de l’épaule (travail postural et proprioceptif).

Les exercices sont réalisés à poids de corps sur des surfaces stables, en statique puis en dynamique à vitesse très lente (sans douleur).

La 2eme phase a mis l’accent sur le renforcement des muscles stabilisateurs de l’articulation scapulo-thoracique puis de la gléno-humérale, avec un travail en tempos variés pour stimuler spécifiquement les qualités de proprioception, d’endurance et de force.

La 3eme phase était plus orientée vers un travail fonctionnel en relation avec les activités physiques variées. Le travail de proprioception se complexifie avec l’ intégration d’exercices sur plan instable et/ou avec charge instable pour stimuler les capacités de coordination et de stabilisation articulaires en dynamique.

Le travail s’intensifie en phase quatre, phase de travail fonctionnel spécifique, avec la mise en place de situations plus contraignantes combinant des exercices de proprioception, de renforcement global, de parcours sur l’échelle de rythme. Exercices réalisés sous forme de circuit training .

 

A l’issu du protocole de réathlétisation, notre sportive a réalisé un test de retour de sport où elle a obtenu de très bons résultats (tests de force analytique et fonctionnelle). Elle a ainsi pu reprendre progressivement ses activités physiques.

RE-TURN TO PLAY – JANVIER

Prise en charge d’une chondropathie femoro-patellaire  chez un footballeur professionnel

La chondropathie femoro-patellaire se caractérise par des lésions cartilagineuses de la trochlée ou de la rotule, les étiologies étant multiples. Elle est caractérisée par des douleurs antérieures le plus souvent en position fléchie associées ou non à des craquements dans les mouvements de flexion/extension.

Le cas pratique évoqué dans cet article concerne un footballeur professionnel international évoluant dans un championnat étranger.  Il présentait une chondropathie rotulienne. L’enjeu de sa venue chez REATHLETIC était de recouvrer ses capacités musculaires afin de pouvoir reprendre l’entraînement spécifique après la trêve hivernale pour participer à la deuxième partie de saison. Les douleurs étaient alors récurrentes et intenses avec une forte inhibition de son quadriceps. A son arrivée chez REATHLETIC, le joueur sortait d’une phase de réathlétisation qui n’avait pas portée les fruits escomptés. En effet, l’inhibition douloureuse était toujours présente et ses schémas moteurs, notamment lors des sauts, étaient fortement perturbés. Suite à la réalisation du test d’aptitude à la réathlétisation, une première phase 10 séances de réathlétisation d’une durée d’1h30 encadrées par un préparateur physique spécialisé pendant 2 semaines consécutives ont été préconisées.

L’objectif principal de cette première phase du protocole était d’effectuer un travail de renforcement spécifique du quadriceps (en privilégiant le renforcement excentrique et plus spécifiquement le vaste medial) sans oublier d’effectuer un travail des ischio-jambiers afin de maintenir l’équilibre de la balance agoniste/antagoniste.  Un travail de renforcement des muscles abducteurs/rotateurs externes et des muscles adducteurs de hanche est venu compléter ce programme.

Le protocole s’est déroulé en 2 étapes :

  • Restaurer les qualités musculaires du quadriceps puis renforcer musculairement le bas du corps avec intensification de la charge de travail associé à du travail d’endurance musculaire. Le renforcement du quadriceps à nécessité beaucoup de précaution afin de limiter les contraintes sur le cartilage tout en permettant un gain significatif de force permettant par la suite de limiter les contraintes mécaniques dans le genou. Le travail fonctionnel n’a pu être mis en place qu’au cours de la 2ème semaine de travail au vue de la difficulté à réintégrer les « bons » schémas moteurs.

A l’issu de cette première phase, une période de repos de 10 jours a été imposée au sportif afin de favoriser la surcompensation du travail effectué en première phase.

  • Une deuxième phase de 10 séances sur 2 semaines consécutives a ensuite été mise en place. L’objectif principal de cette deuxième phase du protocole était d’intégrer une préparation physique à la réathlétisation pour optimiser le retour à l’entraînement collectif. La première semaine du travail a été basée sur du travail en salle pour s’assurer d’une capacité et d’un contrôle neuromusculaire suffisant permettant de reprendre l’entraînement sur terrain avec crampons. Le travail de préparation sur terrain a donc débuté au cours de cette deuxième semaine avec du travail d’appuis, des changements de direction, du travail avec ballon, du travail intermittent avec et sans ballon et du travail devant le but.

En fin de protocole, le joueur était capable d’effectuer des courses longues, des courses à hautes intensités avec changements de direction, des sauts répétés sur sol stable et instable sans douleur ni appréhension. Il a pu retourner dans son club afin de poursuivre le travail entrepris pour permettre une reprise de l’entrainement collectif début janvier.

RE-TURN TO PLAY #15

Le cas pratique étudié aujourd’hui porte sur un sportif amateur pratiquant le cyclisme sur route et le VTT. Ce sportif a été opéré à la suite d’une luxation (perte permanente et complète des surfaces articulaires au niveau de l’articulation glénohumérale) provoquée par une chute sur la main lors d’une sortie.

A 4,5 mois post-opératoire, il est venu au centre ATHLETIC afin de passer le S-STARTS, pour valider, ou non, son retour au sport.

A la suite de cette batterie de tests, ses résultats étaient en deçà de ses attentes initiales et nous avons pu observer plusieurs déficits : ses muscles de sa coiffe des rotateurs étaient plus faibles sur son épaule opérée, il manquait d’explosivité, de puissance et également d’endurance musculaire. 6 séances de réathlétisation lui ont été préconisées. Il a donc fallu prendre en compte les déficits observés mais également les spécificités et exigences de son activité physique.

Sa réathlétisation a été axé autour de 3 axes principaux :

  1. Postural et proprioceptif
  2. Renforcement des muscles spécifiques
  3. Développement des qualités physiques spécifiques de son sport
  • La première phase, commune à toutes les réathlétisations d’épaule, était axée sur le travail postural où l’on a débuté avec des exercices simples, à poids de corps, sur des surfaces stables en privilégiant un tempo lent et un contrôle neuro-musculaire. Nous avons également débuté la phase proprioceptive avec des tâches motrices simples.
  • Pour la seconde phase, nous avons entrepris un travail de renforcement spécifique des muscles stabilisateurs de la scapulo-thoracique avec, notamment, du travail de tirage unilatéral en complexifiant la tâche au fur et à mesure. Nous avons également continué notre travail de proprioception en augmentant la difficulté progressivement.
  • Enfin, pour la troisième et dernière phase, nous avons axé notre travail de développement des qualités physiques en essayant de se rapprocher des spécificités de son activité. Nous avons donc réalisé plusieurs circuits d’endurance de force où le sportif devait faire des exercices avec des échelles de rythmes couplés à un travail avec un trampoline dans le but de réadapter son épaule aux contraintes d’absorption.

A la fin de ces séances, le sportif a été capable de reprendre son sport et toutes ses activités professionnelles sans douleur ni appréhension.

RE-TURN TO PLAY #14

Réathlétisation d’une épaule après opération d’une butée antérieure

Le cas pratique étudié aujourd’hui concerne la réathlétisation d’un joueur de rugby évoluant en promotion d’honneur, opéré d’une butée antérieure à la suite de subluxations récidivantes.

Dans le schéma de prise en charge post opératoire, une radio de contrôle et une visite avec le chirurgien et le médecin référent sont prévues au 3e mois pour vérifier la consolidation de la butée. Suite à cette visite et selon leurs recommandations, leur aval est donné pour que soit effectué à ATHLETIC un test d’aptitude à la réathlétisation (T.A.R)

Ce test a pour objectif de valider ou non une entrée en réathlétisation, en vérifiant que les amplitudes articulaires ont toutes été récupérées et qu’il y a une bonne stabilité du complexe de l’épaule. L’observation morpho statique nous renseigne également sur d’éventuels défauts de posture aux fins de proposer des éléments de travail pour corriger les déséquilibres observés avant d’entreprendre un renforcement plus global de l’épaule.

L’entrée en réathlétisation ayant été validée, nous avons préconisé 9 séances avec pour objectifs :

Correction des défauts observés : très léger déficit d’amplitude des rotateurs latéraux de l’épaule opérée par rapport au membre sain, cyphose thoracique, enroulement des épaules sur l’avant et élévation de l’épaule opérée.

– Amélioration du contrôle neuromusculaire de l’épaule

– Renforcement des muscles scapulo-thoraciques et scapulo-huméraux

Le protocole s’est déroulé en 3 phases :

°La phase 1 (3 séances) a été consacrée à un travail de mobilité, de posture et de proprioception visant à optimiser l’amplitude en RE 2, à améliorer la synergie entre les ceintures pelvienne et scapulaire, à l’activation des muscles scapulo-thoracique, avec prédominance sur la région postérieure (rhomboïdes, élévateurs de la scapula, trapèze inferieur). Les exercices sont réalisés sur des tempos lents, priorisant le contrôle moteur associé à un maintien postural efficace, avant d’entreprendre un renforcement plus soutenu. Phase importante pour recouvrer de la confiance et lever les appréhensions.

°La phase 2 (4 séances) a été axée sur un travail d’endurance de force des muscles scapulo- thoraciques puis des muscles scapulo-huméraux. Le travail de proprioception s’intensifie par une complexification des tâches en intégrant des exercices sur surfaces instables et/ou avec charges instables, à des vitesses d’exécution plus élevées, combiné avec d’autres taches motrices.

°La phase 3 (2 séances) a mis l’accent sur un travail plus dynamique pour recouvrer de la vitesse et de la coordination motrice spécifique rugby, en sollicitant les fibres rapides avec des exercices comme le tapping scapulaire, l’échelle de rythme associé à un travail de passes.

En fin de protocole, le sportif était capable de réaliser des mouvements fonctionnels et de musculation sans aucune douleur, gène ni appréhension. Suite à sa réathlétisation, il a effectué un test fonctionnel de retour au sport qui lui a permis de valider une reprise terrain.

RE-TURN TO PLAY #13

Prise en charge d’un rugbyman professionnel post LCA

Depuis la professionnalisation du rugby en 1995, le taux de blessures n’a cessé d’augmenter (Fuller, 2013). Le rugby est un sport avec des impacts violents entraînant des blessures souvent grave débouchant sur une longue période de récupération et de rééducation (> 10 semaines) (Williams, 2013). Les blessures au genou représentent le plus grand nombre de jours d’absence chez les rugbymen professionnels. Les lésions du LCA représentent 29% des jours manqués dû aux blessures au genou, soit en moyenne 271 jours d’absence par rupture du LCA (Dallalana, 2007). Montgomery (2018) a montré un taux de lésions de LCA de 0.43 pour 1000 heures de pratique en condition de match. 56% des blessures du LCA interviennent soit lors d’un plaquage, soit lors d’une course offensive. Plus de la moitié des lésions du LCA interviennent sur un contact. Pour les lésions sans contact, la plupart surviennent lors d’un appui latéral de la part du porteur de balle et principalement lors d’une attaque talon du pied au sol (Montgomery, 2018).

Le cas pratique étudié est un jeune rugbyman de 23 ans évoluant en Pro D2, ayant subi une rerupture du LCA lors d’un match de Top 14. En effet, le joueur avait déjà eu une intervention en 2014 sur le même genou. Suite à la passation de deux K-STARTS révèlant des déficits importants, le joueur a intégré un protocole de réathlétisation spécifique du genou au sein de notre structure Reathletic. La prise en charge s’est effectuée sur 3 semaines consécutives à raison d’une séance quotidienne d’1H30 encadrée par un préparateur physique spécialisé et de 30min de protocoles de récupération avec Game ready et pressothérapie.

La présence d’une inhibition quadricipitale douloureuse mise en évidence lors de l’évaluation isocinétique a orienté le protocole sur une prise en charge associée entre LCA et syndrome douloureux rotulien (SDR). La plus grande difficulté dans ce protocole a été de « casser » la boucle nociceptive afin de permettre au quadriceps d’agir sur toute l’amplitude du mouvement. Le protocole a suivi deux axes de renforcement : la force maximale et l’endurance de force.

La force maximale excentrique a été l’axe de travail principal des premières séances afin d’augmenter la capacité du muscle à absorber les contraintes rotuliennes. Pour cela, nous avons mis en place deux types d’exercices en chaîne cinétique fermée : le premier consistait à augmenter la force maximale sur les 40 premiers degrés de flexion, et le deuxième, d’avoir un travail excentrique infra douloureux sur une amplitude musculaire de 110° de flexion. En parallèle, la séance comportait un travail d’endurance de force au travers d’exercices d’appuis sur des angles de flexion faibles permettant à la fois de développer la coordination motrice mais également de redonner l’habitude au muscle de travailler sans douleur.

Une deuxième phase avec l’introduction du travail en chaîne cinétique ouverte, tout d’abord en statique puis en dynamique les 40° derniers d’extension a permis de retrouver une certaine fonctionnalité du genou.

La troisième a été axée sur un transfert du travail de force sur des exercices d’agilité spécifique rugby.

A l’issu du protocole, le joueur a pu réintégrer progressivement le travail avec son équipe afin de continuer sur une préparation physique spécifique rugby avec les préparateurs physique de son club. Après un mois et demi de travail dans son club et 11 mois après son opération, le joueur a repris la compétition lors d’une rencontre de Pro D2.

 

Bibliographie

Williams S, Trewartha G, Kemp S, & Stokes, K (2013). A meta-analysis of injuries in senior men’s professional Rugby union. Sports Medicine, 43 (10), 1043–1055.

Fuller CW, Sheerin K, Targett S. Rugby World Cup 2011: International Rugby Board injury surveillance study. Br J Sports Med 2013; 47: 1184–91.

Dallalana RJ, Brooks JH, Kemp SP, et al. The epidemiology of knee injuries in English professional rugby union. Am J Sports Med 2007; 35: 818–30.

Montgomery C, Blackburn J, Withers D, Tierney G, Moran C, Simms C. Mechanisms of ACL injury in professional rugby union: a systematic video analysis of 36 cases. Br J Sports Med. 2018; 52(15):994-1001.

RE-TURN TO PLAY #12

 

Prise en charge d’un jeune sportif amateur après rupture du LCA avec complications post opératoire.

Le risque de rupture du LCA est importante chez le jeune sportif avec possibilité de lésion  itérative s’il a moins de 20 ans et pratique des sports de pivots et/ou contacts (Morgan, 2016 ; Webster, 2016). L’objectif de la chirurgie va être de stabiliser son genou pour permettre une reprise progressive de l’activité physique suivie d’une phase de réathlétisation obligatoire pour envisager une reprise sportive. Les complications suite à une chirurgie existent. Les complications potentielles à long terme liées à une lésion du LCA peuvent être une instabilité chronique du genou, des lésions méniscales et du cartilage, le développement de l’arthrose. Environ 50% des patients pourront développer une arthrose associée à de la douleur et une déficience fonctionnelle dans les 10 à 20 ans après la blessure d’origine indépendamment de la chirurgie ou d’un traitement conservateur (Zebis, 2009). En outre, après reconstruction du LCA, moins plus de 50% des patients retourneront au sport dans l’année, moins de 65% dans les 2 ans, 24% changeront de sport et 11% cesseront leurs activités sportives (Gobbi, 2006 ; Hewett, 2013). Les lésions du LCA sont devenues un problème de santé publique, en particulier avec le nombre de jeunes individus impliqués dans le sport, l’incidence croissante des lésions chez les très jeunes patients, et les conséquences à long terme de la blessure. Cela conduit à l’intérêt d’identifier des facteurs de risque de blessures et les stratégies de prévention qui conduiraient à une réduction de son incidence (Acevedo, 2014).

Le cas pratique étudié est celui d’un jeune homme de 18 ans ayant eu une intervention pour rupture du LCA qui a été suivi de complications. Une deuxième intervention a été nécessaire suite à une infection consistant à un « nettoyage articulaire ». En raison d’une raideur, il a été réalisé une mobilisation sous anesthésie générale permettant de récupérer les amplitudes articulaires. Un an après la première intervention, Clément présentait un déconditionnement physique global et une faiblesse musculaire avec douleurs associées.

La prise en charge de Clément s’est effectuée sur deux blocs de 12 séances de réathlétisation. Le premier bloc a permis un reconditionnement physique global, une récupération partielle de son niveau de force musculaire et de la fonctionnalité de son membre inférieur. A l’issu de ce premier bloc, Clément ne présentait pratiquement plus aucune douleur au quotidien et a même pu repratiquer le snowboard sur une demi-journée. Une coupure de 3 semaines a été effectuée avant le deuxième bloc permettant la surcompensation du travail effectué lors du premier bloc.

Dans ce second bloc, un travail de force maximale, d’endurance de force et d’explosivité ont permis d’ancrer les gains et de permettre à Clément de pratiquer à nouveau des activités physiques et sportives.

Dans ce type de prise en charge, l’important est de montrer le chemin à parcourir à l’athlète (planification claire et expliquée) et de toujours travailler en fonction de ses sensations et du niveau de douleur. Si le protocole nécessite un nombre important de séances (supérieur à 15), il est obligatoire de le scinder en deux parties permettant une phase de surcompensation.  Sans cette surcompensation, les efforts demandés seront trop conséquents et impacteront la qualité du travail et éventuellement le niveau de douleurs. A terme, les résultats seront plus longs à se faire ressentir.

 

Bibliographie

Morgan MD, Salmon LJ, Waller A, Roe JP, Pinczewski LA. Fifteen-Year Survival of Endoscopic Anterior Cruciate Ligament Reconstruction in Patients Aged 18 Years and Younger. Am J Sports Med. 2016 Feb; 44(2):384-92.

Webster KE, Feller JA. Exploring the High Reinjury Rate in Younger Patients Undergoing Anterior Cruciate Ligament Reconstruction. Am J Sports Med. 2016 Nov; 44(11):2827-2832.

Zebis MK, Andersen LL, Bencke J, et al. Identification of athletes at future risk of anterior cruciate ligament ruptures by neuromuscular screening. Am J Sports Med. 2009; 37:1967Y73.

Gobbi A, Francisco R. Factors affecting return to sports after anterior cruciate ligament reconstruction with patellar tendon and hamstring graft: a prospective clinical investigation. Knee Surg Sports Traumatol Arthrosc. 2006; 14:1021Y8.

Hewett TE, Di Stasi SL, Myer GD. Current concepts for injury prevention in athletes after anterior cruciate ligament reconstruction. Am. J. Sports Med. 2013; 41:216Y24.

Acevedo RJ1, Rivera-Vega A, Miranda G, Micheo W. Anterior cruciate ligament injury: identification of risk factors and prevention strategies. Curr Sports Med Rep. 2014 May-Jun; 13(3):186-91.

 

RE-TURN TO PLAY #11

Cas évoqué : prise en charge d’une épaule après opération d’une butée antérieure chez un jeune rugbyman de haut niveau

Les traumatismes liés au sport concernent principalement le membre inférieur (53,4%[1]) mais touchent également le membre supérieur, dans plus de 23%1 des cas. Parmi ce chiffre, 86%1 touchent l’épaule ! Ces blessures peuvent entraîner des problèmes d’instabilité de l’épaule et sont deux fois plus fréquents chez les sportifs que dans la population générale[2]. La prise de décision d’une chirurgie est généralement influencée  par l’âge et le niveau de sollicitation du patient (en principe jeune et sportif).

Pour réduire ces instabilités, deux interventions chirurgicales sont couramment utilisées : Latarjet, avec des taux de retour au sport de l’ordre de 67 à 71,4% chez des joueurs de rugby et de football[3] ; et Bankart, avec un retour au sport à 82,6% mais cette fois-ci chez des sportifs de niveaux et disciplines hétérogènes[4]. La question du retour au sport est une question qui revient régulièrement. Des chercheurs ont estimé qu’il était très variable[5], allant de 1,5 mois pour des pratiquants de fitness à 12 mois post-opératoire pour les sports les plus à risque, avec cependant une majorité de reprise autour du 6ème mois post-opératoire[6].

Le cas pratique étudié aujourd’hui concerne la réathlétisation d’un jeune joueur de rugby évoluant en centre de formation d’un club de rugby du Top 14 ayant subi une opération d’une butée antérieure après plusieurs épisodes de luxations antérieures. Suite à sa visite du 3ème mois post opératoire avec son chirurgien, un test d’aptitude à la réathlétisation (TAR) a été demandé pour compléter les bilans clinique et radiographique.

L’objectif du test est de valider ou non une entrée en phase de réathlétisation, en vérifiant que les amplitudes articulaires ont toutes été récupérées et que la stabilité du complexe de l’épaule est bonne. Le bilan effectué permet également d’observer les éventuels déséquilibres (lordose cervicale, enroulement des épaules, cyphose thoracique, …) et de proposer des éléments de travail pour les corriger avant d’entreprendre un travail de renforcement plus spécifique de l’épaule.

 

Suite à la passation de ce test, l’entrée en phase de réathlétisation ayant été validée, les objectifs définis ont été les suivants :

– remédier à un léger enroulement des épaules sur l’avant et une attitude cyphotique

– améliorer le contrôle neuromusculaire de l’épaule

– améliorer l’endurance et la force des articulations gléno-huméral et scapulo-thoracique

Six séances de réathlétisation ont été préconisées pour réaliser ces objectifs. Le protocole s’est déroulé en 3 phases :

Tout d’abord, les deux premières séances ont été essentiellement basées sur un travail de correction posturale et de proprioception. Les muscles stabilisateurs et fixateurs des ceintures scapulaires et pelviennes et les érecteurs du rachis.

Ensuite, les séances 2 à 4 ont été axées sur un travail de force et d’endurance de force des muscles de la coiffe des rotateurs et des muscles scapulo-thoracique. Travail sur des tempos lents, toujours en priorisant le contrôle de la gestuelle pour s’assurer d’acquérir une exécution technique idéale avant d’entamer un travail plus rapide.

Pour finir, les séances 4 à 6 ont mis l’accent  sur un travail de force vitesse, plus dynamique, pour recouvrer de la vitesse, du rythme en sollicitant les fibres rapides avec l’utilisation d’exercices tels que le tapping scapulaire ou encore l’échelle de rythme.

En fin de protocole, le jeune sportif était capable de réaliser des mouvements fonctionnels et de musculation sans aucune douleur, gène, ni appréhension. A l’issu du protocole, un test fonctionnel de retour au sport a été effectué, permettant de valider une reprise terrain progressive et spécifique.

[1] Rechik, V., Lindsay, M., Nowak, A. Sport et santé : les blessures chez les sportifs. Université de Genève, Suisse. 2007.
[2] Wang, R. Y., & Arciero, R. A. (2008). Treating the athlete with anterior shoulder instability. Clinics in sports medicine, 27(4), 631-648.
[3] Cerciello, S., Edwards, T. B., & Walch, G. (2012). Chronic anterior glenohumeral instability in soccer players: results for a series of 28 shoulders treated with the Latarjet procedure. Journal of Orthopaedics and Traumatology, 13(4), 197-202
[4] Gerometta, A., Rosso, C., Klouche, S., & Hardy, P. (2016). Arthroscopic Bankart shoulder stabilization in athletes: return to sports and functional outcomes. Knee Surgery, Sports Traumatology, Arthroscopy, 24(6), 1877-1883.
[5] Dumont, G. D., Fogerty, S., Rosso, C., & Lafosse, L. (2014). The arthroscopic Latarjet procedure for anterior shoulder instability: 5-year minimum follow-up. The American journal of sports medicine, 42(11), 2560-2566
[6] Ciccotti, M. C., Syed, U., Hoffman, R., Abboud, J. A., Ciccotti, M. G., & Freedman, K. B. (2017). Return to Play Criteria Following Surgical Stabilization for Traumatic Anterior Shoulder Instability: A Systematic Review. Arthroscopy: The Journal of Arthroscopic & Related Surgery